Pari réussi pour le restaurant syrien Chiche qui a emménagé au Limpertsberg après avoir quitté Hollerich.

Est-il besoin de rappeler la jolie histoire qui a valu la naissance de Chiche? C'est la conjonction de bonnes volontés, bon goût, bonnes âmes, bonne chance, bon boulot... une somme de bonnes choses qui mènent à de bons résultats.

Aux premières loges, il y a Chadi Bekdach, un chef syrien arrivé au Luxembourg en 2015 en fuyant la guerre dans son pays. Il met à profit son expérience dans la boucherie, la boulangerie et la restauration et manifeste l'idée d'ouvrir un restaurant. Suit Marianne Donven de la Croix-Rouge, puis Pitt Pirotte qui met disposition un local à Hollerich avant sa démolition et Isabelle Dickes, qui signe le décor.

Pendant deux petites années, le restaurant aux spécialités libano-syriennes ne désemplit pas. La qualité de ses plats (notamment des falafels) est soulignée par tous, le projet social pour offrir une porte d’entrée dans le monde du travail à ceux qui en sont éloignés comme les réfugiés et les chômeurs de longue durée est salué...

Chiche est devenu une adresse incontournable dans le paysage gastronomique et le voir disparaître avec le bâtiment aurait été si pas inimaginable, très triste. Comme annoncé, le projet immobilier a avancé et le restaurant doit déménager. Le pop-up va passer de l'éphémère au pérenne, avec ce que cela comporte local à trouver, de loyer à payer, de personnel à recruter...

34 EMPLOYÉS

Un très grand local au Limpertsberg ayant abrité une pizzeria peu remarquable s'avère disponible et va être repensé et redécoré par l'équipe. Isabelle Dickes nous raconte: "Dans l'entrée, j'ai gardé le même papier peint qu'à Hollerich pour faire le lien, mais après, on entre dans plusieurs univers qui évoquent successivement le voyage, la migration et différentes pièces d'une maison."

Il fallait bien cela pour occuper les quelque 600 m2 du lieu. Le voyage (tableaux anciens de mers), l'appel des sirènes (partitions de musique au bar), pour trouver un lieu où se poser (les globes terrestres) pour arriver dans une maison avec ses différentes pièces (salon, salle à manger, cuisine, jardin...) aux différents décors et différentes ambiances.

Le passage à l'étape supérieur a donné des ailes à l'équipe qui s'est renforcée pour assurer le service de 230 couverts (avec différents espaces privatisables et modulables), avec désormais 34 employés et peut-être plus à l'avenir en fonction des besoins.

La carte a aussi été élargie avec plus de propositions de mezze, dont des spécialités audacieuses comme de la langue, des testicules ou de la cervelle d'agneau. Un assortiment pour quatre personnes ou plus s'avère une option réjouissante pour pouvoir gouter aussi bien le houmous que le babaganoush, le taboulé que la moussaka, le haloumi que le cheese roll, le falafel que kefta...