Après plusieurs mois de travaux, l'Opéra a ouvert ses portes au Rollingergrund.

On a suivi les travaux sur Instagram et les responsables nous ont mis l’eau à la bouche en créant le buzz sur les réseaux sociaux. L’ouverture de l’Opéra était très attendue et l'adresse ne déçoit pas.

Avec Étienne-Jean Labarrère-Claverie (plus connu sous son seul prénom Étienne, qui est à la tête du Cibo's à Bettembourg) en salle et Mathieu Morvan en cuisine (second de La Cristallerie jusqu'il y a peu), le niveau d’espérance était haut. Ils ont tous les deux fait leurs armes dans de grandes maisons et se sont donnés les moyens et le temps de voler de leurs propres ailes.

Ils partent avec un atout en main: un lieu qui a enchanté les papilles et qui a fait briller les nuits. C’était il y a une vingtaine d’années, certes, mais en choisissant le nom Opéra, les gaillards font évidemment référence aux belles années du Théâtre de l’Opéra.

Encore fallait-il donner le coup de fouet dont les lieux avaient besoin et pas se reposer sur les lauriers d’une gloire passée.

Après une jolie impression dès la façade et de la terrasse, l’intérieur tient ses promesses en gardant le cachet d’antan, notamment les pierres apparentes. Les clins d’œil à la thématique de la danse, le dressage impeccable des tables et les divers recoins aménagés donnent envie de s’attarder.

PASSONS À TABLE

La cuisine de Mathieu Morvan s’avère juste et plutôt inspirée. Il ne va pas chercher l’originalité à tout prix, mais puise dans des produits de qualité avec ce qu’il faut d’inventivité pour que ne s’ennuie pas. Les marqueurs tendance sont bien là (poulpe, chou-fleur, ail noir, avocat…): on est dans l’air du temps.

Parmi les entrées, on a repéré un poulpe méditerranéen à la plancha avec des aubergines, un œuf parfait avec des asperges vertes, carpaccio de dorade avec des fraises des bois. Les poissons suivent le même état d’esprit bistronomique: cabillaud avec coquillages et chou-fleur, barbue avec asperges, et surtout une belle assiette de langoustines grillées avec des raviolis de blettes et ail noir, absolument bien cuites et au jus relevé comme il faut.

Côté viande, c’est plus classique, mais avec des cuissons justes et maîtrisées notamment pour la pièce de bœuf servie avec une mousseline d’Agria (une pomme de terre allemande).

La carte présente aussi une pintade avec riz et avocat ou un très alléchant ris de veau braisé au homard.

Des menus en trois (52 euros) ou cinq (80 euros) «actes» sont proposés, suivant l’inspiration du chef, les soirs. Au déjeuner (en semaine), le menu deux services est à 28 euros.

Pour une première visite, on a été plutôt séduite par la qualité des produits et des cuissons. On espère un effort pour satisfaire les appétits végétariens qui n‘ont, pour l’instant rien à se mettre sous la dent (à la carte) et une réflexion sur la carte des vins qui s’avère plutôt haut de gamme (et donc chère) pour ces débuts. On nous promet de recadrer la chose.

L’Opéra

100, rue de Rollingergrund à Luxembourg.