Caroline Esch va à reprendre le pavillon du parc de Kayl. Ambitieuse et déterminée, elle nous décrit son projet et en dévoile le nom pour la première fois.

Eden Rose. C’est le nom que Caroline Esch a choisi pour le restaurant du parc de Kayl dont elle a obtenu la concession. Un nom qui fait référence au "jardin du monde", à la nature environnante, aux roses cultivées au Luxembourg à la Belle époque et au Petit Prince de St Exupéry. "J'espère apporter autant de soin au pavillon que le Petit Prince à sa rose."

Un nom mûrement réfléchi, comme une carrière bien menée, du haut de ses 24 ans.

D'aussi loin qu’elle s’en souvienne, Caroline a toujours aimé cuisiner. À cinq ans, elle disait déjà qu’elle "voulait devenir cuisinière" et apprenait aux côtés de sa maman. "Il y avait souvent du monde à la maison, c’était très convivial. La cuisine, c’est d’abord la convivialité."

C’est donc tout naturellement qu’elle fait ses premières classes au Lycée hôtelier de Diekirch, où elle se distingue dans des concours et décide de poursuivre et d’en apprendre plus. C’est ainsi qu’elle peaufine sa formation au prestigieux Institut Paul Bocuse à Lyon. "On nous forme à tous les aspects de la cuisine, mais aussi du management de restaurant: comptabilité, administration, décoration, ainsi qu’aux valeurs de partage, générosité et simplicité que véhicule Bocuse."

Mais la cuisine, ça s’apprend surtout sur le terrain et Caroline enchaîne divers stages pendant toute la durée de ses études. Elle passera par des cuisines étoilées au Luxembourg et même par les triplement étoilés L'Arnsbourg et l’Auberge de l'Ill en France. Certains stages se sont poursuivis par divers contrats.

Parce qu’elle veut découvrir les différentes facettes du métier, Caroline Esch travaillera aussi au service ou à la réception dans plusieurs établissement.

Voilà pour le parcours qui a mené la jeune femme à vouloir son propre restaurant et à postuler pour occuper le pavillon du parc de Kayl. "J’avais le projet de me lancer depuis un certain temps, quand j’ai pris connaissance de l’annonce", se souvient celle qui a appris qu’elle avait gagné l’appel d’offres le jour de son anniversaire.

DES ALTERNATIVES AU BLÉ

Ce qui a fait pencher la balance du Conseil communal est sans doute son profil de jeune et de femme, mais aussi l’originalité de son projet autour d’une cuisine «avec des farines différentes», comme elle l’explique. Intolérante au gluten, c’est d’abord pour elle-même qu’elle a développé des recettes de pâtisseries avec des farines de riz, de sarrasin ou de maïs.

Progressivement, elle a établi une gamme et mis en place des recettes alternatives, y compris pour lier les sauces ou réaliser un bun pour le burger, le tout "glutenfree". Caroline préfère le mot anglais pour ne pas utiliser "le mot sans qui donne une impression de privation, alors que les recettes sont gourmandes et savoureuses."

Au menu du futur pavillon Eden Rose une cuisine forcément de saison et de provenance la plus locale possible, avec une courte carte de trois entrées, trois plats et trois desserts pour commencer. La carte pourra s’étoffer au fil du temps.

L’après-midi, Caroline Esch servira un "tea time" avec ses madeleines, cannelés et autres petits délices maison, mais aussi des croques ou des salades. «L’idée est d’avoir une offre pour tous les publics, les familles comme les personnes âgées».

Désormais, la commune entreprend divers travaux, pendant lesquels Caroline va mettre en place une équipe et trouver sa décoration. Elle penche pour de la vaisselle chinée et dépareillée, histoire de donner une seconde vie à ces assiettes et veut à tout pris imprimer une ambiance "conviviale et familiale" à son restaurant dont l’ouverture est promise début juin.