Lors de la mise en ligne des premiers billets le 15 avril, la file d'attente virtuelle atteignait plusieurs heures.

"Wouhou! Je ne me suis jamais sentie aussi bien!", exulte Momi Young-Wilkins, oreilles de Mickey sur la tête, venue comme des milliers d'autres Californiens célébrer vendredi matin la réouverture au public du légendaire parc d'attractions Disneyland plus d'un an après le confinement décrété face à la pandémie.

"Nous étions ici voici exactement 415 jours, le 13 mars, quand il a fermé. Et j'ai promis à mes filles que nous serions de retour le jour de la réouverture. Promesse tenue", lance à l'AFP Momi, 55 ans.

Le parc d'attractions d'Anaheim, au sud de Los Angeles, est étroitement associé à la vie de la dynamique quinquagénaire: elle y est venue pour la première fois à l'âge de dix ans alors qu'elle habitait encore Hawaï, y a passé sa lune de miel et assure même être "tombée enceinte dans ce parc, sur une attraction".

Sa fille a pris son premier petit boulot alors qu'elle n'avait encore que 14 ans pour pouvoir s'acheter le pass annuel à 1.500 dollars. "Elle est venue plus de 300 fois depuis juin 2018", souligne Momi, comparant Disneyland à "un souvenir de famille".

La joie des retrouvailles avec Mickey était toutefois réservée aux visiteurs résidant en Californie, les seuls autorisés à ce stade en vertu des critères de Disney. Les groupes sont par ailleurs limités aux membres de trois foyers au plus et tous, visiteurs comme employés, doivent être masqués. La queue se fait systématiquement à l'air libre.

Encore faut-il avoir la chance de décrocher une réservation. Lors de la mise en ligne des premiers billets le 15 avril, la file d'attente virtuelle atteignait plusieurs heures. Pour obtenir le précieux sésame, "j'ai passé littéralement onze heures sur plusieurs ordinateurs portables, pendant que je travaillais et que j'allais voir des patients", raconte Rebecca Fischer.

Vendredi matin, le parc affichait quasiment complet pour les sept semaines à venir, les seules places encore disponibles en mai et juin nécessitant un billet spécial qui donne également accès au parc voisin Disney California Adventure.

Deuxième parc d'attractions le plus visité au monde derrière Disney World en Floride, Disneyland avait fermé par précaution le 14 mars alors que le coronavirus commençait tout juste à être détecté aux Etats-Unis.

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Un employé de Disneyland arrive au parc d'attractions d'Anaheim, en Californie, le 30 avril 2021, après plus d'un an de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus / © AFP

Malgré l'intense pression des professionnels et des nombreuses entreprises gravitant autour des parcs de loisirs, les autorités californiennes n'ont donné le feu vert à Disneyland et ses homologues pour reprendre leurs activités que le 1er avril dernier.

Après une flambée de cas de Covid-19 cet hiver, la Californie a considérablement réduit la présence du virus ces dernières semaines, grâce notamment à une intense campagne de vaccination, et affiche désormais le taux de contamination au Covid-19 par habitant le plus faible des Etats-Unis.

CÂLINS INTERDITS

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Des visiteuses arrivent au parc Disneyland d'Anaheim, en Californie, le 30 avril 2021, après plus d'un an de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus / © AFP

Si son concurrent Universal Studio Hollywood a rouvert le 15 avril, Disneyland avait souhaité prendre le temps de rappeler plus de 10.000 employés placés au chômage technique depuis le début de la pandémie et les former aux nouvelles exigences sanitaires.

Carla et Jasmine, deux soeurs de 23 et 17 ans, ont trouvé le temps long. Voisines de Disneyland, elles y venaient quasi quotidiennement depuis l'enfance grâce à un pass annuel. "On y allait après l'école, après le travail, juste pour quelques attractions même si c'était pour une heure ou deux", explique Carla.

Ce qui a manqué le plus à Jasmine durant ces treize longs mois? "Sans doute voir tous les personnages de Disney et les câlins", répond-elle.

Pas de chance pour elle: malgré l'amélioration sanitaire en Californie, les personnages emblématiques ne font pour l'instant plus de bisous mais se tiennent sur des balcons ou estrades permettant de satisfaire la distance de sécurité réglementaire.

A Disneyland, la jauge reste aussi limitée à 25% de la capacité d'accueil habituelle, soit un peu plus de 20.000 visiteurs par jour selon les estimations de professionnels du secteur.

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Des visiteurs arrivent au parc Disneyland d'Anaheim, en Californie, le 30 avril 2021, après plus d'un an de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus / © AFP

La plupart des attractions sont opérationnelles, selon Disneyland, qui a mis à profit la fermeture pour en rénover certaines et en aménager d'autres conformément aux recommandations sanitaires (sièges neutralisés, séparateurs en plexiglas, etc).

Quelques-unes restent en revanche fermées au public car elles sont incompatibles avec le Covid-19, comme l'espace très confiné du sous-marin du "Monde de Némo".

Momi pourra retrouver son manège préféré, tiré de l'univers du dessin animé "Cars". "La dernière fois, le jour de la fermeture, j'ai fait 49 tours. Mon but est de toujours battre mon record donc je vais le faire au moins 50 fois", lance-t-elle.