Que ferez-vous quand la crise du coronavirus sera arrivée à son terme? Nous avons sondé nos lecteurs luxembourgeois et frontaliers et sélectionné plusieurs de leurs témoignages.

Avec le lancement, au Luxembourg et ailleurs, de la campagne de vaccination, certains entrevoient ce que notre Premier ministre a décrit comme "la lumière au bout du tunnel". Et si la crise est encore loin d'être arrivée à son terme, on ne peut s'empêcher de penser à l'après. C'est pourquoi nous avons lancé un sondage dans lequel nous vous demandions lundi quelle serait la première chose que vous feriez après le coronavirus.

Vous avez été plus de 300 à participer et à prendre le temps de témoigner, ce dont nous vous remercions. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est sans appel: une grande majorité des participants a indiqué avoir l'intention de voyager après la crise (42%) alors que 18% ont indiqué que leur priorité serait de revoir leurs proches. 10% des participants ont choisi l'option "aller boire un verre entre amis" ou "rien du tout". Ils sont suivis de ceux qui veulent reprendre le sport (6%), ceux qui veulent faire la fête (5%), ceux qui veulent sortir danser (3%) et ceux qui veulent reprendre un gros projet mis en attente (3%).

POURQUOI VOUS VOULEZ VOYAGER (42%)

Colette (Luxembourg), 61 ans, nous confie qu'elle venait de prendre sa retraite lorsque la pandémie a éclaté. "Je viens de prendre ma retraite et je n'ai pas pu en profiter, toutes mes vacances ont été annulées", nous écrit-elle. Et elle n'est pas seule dans son cas.

Patricia, 63 ans et résidente de Mondercange, indique s'être confrontée au même problème et considère que "c'est une année de retraite perdue". C'est pourquoi elle voyagera après la crise. "Je me suis déjà privée pendant un an", justifie-t-elle.

Mais ce ne sont évidemment pas les seules raisons avancées pour justifier ce "besoin" de voyager. Dans les témoignages recueillis, on retrouve souvent la notion de "liberté", le besoin "d'évasion" et de "changer de paysage".

En effet, de nombreux participants ont décrit le voyage comme "un besoin indispensable". Ce sont les mots auxquels Jo, 39 ans et résident de Consdorf, a eu recours. Un point de vue que partagent beaucoup de lecteurs dont Rita (Luxembourg), 63 ans, ou encore Frédéric (Luxembourg-Ville), 55 ans, qui affirment que voyager leur permettra de "respirer".

S'il est vrai que certains veulent voyager simplement parce qu'ils "adorent ça"; c'est le cas de Serge (Luxembourg) et de Michaël (Zoufftgen) qui précise vouloir "prendre du bon temps sans contrainte dans des lieux inhabituels"; ceux qui associent le voyage à un besoin d'évasion sont bien plus nombreux.

C'est le cas de Philippe, 40 ans, qui réside à Howald et qui veut "s'évader" dès que la crise sera arrivée à son terme. Pour sa part, Hélène, 31 ans et résidente de Roussy-le-Village, est impatiente de retrouver "la liberté" pour aller "voir de nouveaux horizons".

Catherine de Bivange, va plus loin en affirmant qu'en voyageant, elle "veut recommencer à vivre". De son côté, Cristina 40 ans affirme avoir participé au mouvement "Vakanz Doheem" avec sa famille mais qu'elle a désormais besoins de "sortir de cette bulle" et "s'échapper du quotidien si stressant".

Et puis il y a ceux qui veulent voyager pour aller voir leurs proches ou pour renouer avec leur terre natale. C'est le cas de Noora (Luxembourg), 45 ans, dont la famille vit à l'étranger, de Véronique (Luxembourg), 69 ans, dont les enfants "sont éparpillés dans cinq pays" ou encore de Sofia (Diekirch), 31 ans, qui comptait retourner au Portugal après 13 ans d'absence mais dont "le voyage a été annulé".

Enfin, il y a ceux comme Luka (Luxembourg), 29 ans, qui considère avoir pris "beaucoup de retard" dans ses voyages et qui compte "prendre un congé sans soldes pendant 12 mois pour pouvoir voyager bien comme il faut".

VOIR "LES PERSONNES QU'ON AIME" (18%)

C'est un des drames qui est souvent oublié dans cette crise sanitaire: l'isolation et la perte de contact avec des êtres chers. Lili, 77 ans et résidente en France, en est un très bon exemple. Dans son témoignage, elle affirme s'être placée en auto-confinement "depuis le mois de février" et ne pas avoir vu ses proches depuis.

Pour sa part, Stéphanie, 37 ans, explique qu'elle n'a pas vu sa grand-mère depuis le mois de mars: "Elle a 85 ans et est donc considérée comme vulnérable. Je voudrais qu'elle puisse profiter de son arrière petit-fils..."

Des situations qui sont d'autant plus dures à gérer depuis l'annonce d'un nouveau confinement et de nouvelles restrictions juste avant les fêtes. "On a l'impression que ça ne va jamais se terminer, on a besoin de voir d'autres gens et de se ressourcer", nous écrit Alexandra de Beaufort.

Et malgré le fait que certains aient pu aller voir leurs proches, le contact physique manque. Si Monique (Aspelt) a pu aller à la rencontre de son père qui est en maison de retraite, "c'était avec un masque". Elle déplore le fait de ne pas avoir pu l'embrasser ou le prendre dans ses bras et ce, "depuis le mois de février dernier".

Puis il y a l'inquiétude de ne pas revoir ses proches à temps. C'est ce que nous écrit un(e) lecteur(rice) qui a préféré rester anonyme: "Il faut voir les personnes qu'on aime avant qu'ils nous quittent pour un monde meilleur."

Cette crise a, dans le cas de certains, remis les pendules à l'heure. C'est le cas d'Angy, résidente d'Arlon, qui considère que "s'il y a une chose à apprendre de cette crise, c'est que tout ce qui compte, ce sont nos proches". Pour la quinquagénaire, revoir ses proches est donc une priorité. "Le reste est éphémère" et "pourra venir après" nous écrit-elle.

Enfin, Véronique, 40 ans, ne décourage pas. Elle a "profité de la baisse des infections" pour aller voir ses parents qui habitent en France l'été dernier et, bien qu'elle ne les ait pas vus depuis, elle choisit "d'attendre patiemment qu'ils soient vaccinés pour leur rendre visite et les embrasser à nouveau".

ALLER BOIRE UN VERRE ENTRE AMIS (10%)

Parce que "donner des nouvelles par WhatsApp" ça ne suffit plus nous écrit Magalie d'Herny. Cela fait un an qu'elle ne voit plus ses amis et elle n'est pas la seule à en souffrir.

Clarisse de Virton explique avoir "besoin de retrouver une liberté perdue". Un sentiment partagé par Sandra (Luxembourg) ou encore par Patricia (Luxembourg) qui explique que "ça fait longtemps que je reste chez moi".

Pour Nathalie (Mamer), ce sont surtout "les moments de bavardage devant un bon verre" qui lui font défaut. Christiane, elle, aspire à "s'amuser" et à "retrouver une vie comme avant". C'est pourquoi il est important pour elle comme pour Carine (Clervaux) de revoir leurs amis. Cette dernière admet d'ailleurs que ses amis lui manquent.

De son côté, Cinzia (Bascharage) prépare déjà les festivités en vue d'une vaccination prochaine. Elle compte "inviter les amis à la maison pour fêter le nouveau vaccin contre la Covid-19".

Pas de quoi remonter le moral à Carlo (Luxembourg) qui considère que "la société a été la victime majeure de cette pandémie" alors que David (Mamer) pense simplement à revoir ses amis et à "relancer les petits commerces" par la même occasion.

RIEN DU TOUT (10%) 

Laurella (Kayl) a voté "rien du tout" et explique son choix en affirmant que le virus n'a rien changé dans sa vie puisqu'elle n'a "jamais arrêté de travailler, même pendant le confinement". Pour Cararina (Schifflange), il s'agira de "reprendre les choses en main" après la crise. Elle explique avoir "pris un sale coup" en tant qu'indépendante et qu'elle devra donc travailler "avant de profiter" et afin d'éviter "la catastrophe".

Des témoignages qui en disent long sur les difficultés rencontrées par certains de nos lecteurs durant cette crise. Pour d'autres, elle a été à l'origine de certaines réalisations comme pour Nicolas de Thionville qui considère que "cela nous a montré qu'on est vulnérable et qu'on surconsomme".

Certains, comme Marie-Louise, restent prudents quant à l'éventualité d'une sortie de crise. Pour la septuagénaire, "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Un point de vue que partagent Sonia (Soleuvre) qui préfère "attendre et voir" tout comme Violette (Hobscheid) qui attendra "de voir après la vaccination".

Puis il y a celles dont la vie n'a pas vraiment changé à travers la crise. C'est le cas de Carole qui avait "déjà l'habitude de rester tranquillement" chez elle tout comme Virginie (Meuse) qui n'a pas "vraiment vu de changement" avec le virus. Pour sa part, Liz (Capellen) va jusqu'à affirmer que le confinement lui plaît.

FÊTER, DANSER, S'ENTRAÎNER

Les mondes de la nuit et du sport ont aussi beaucoup souffert des mesures sanitaires et des fermetures à répétition. Ils regroupent d'ailleurs 17% des votes des participants à ce sondage. Et chacun justifie son choix à sa manière.

Aurélie, 42 ans et installée à Thionville, veut faire la fête pour "être ensemble entre soignants, en dehors des murs de l'hôpital, pour rire, chanter, danser et se dire que cette crise est derrière nous". Pour Lola, 30 ans, il sera surtout question de "se défouler" après une année compliquée alors que Jean-Marc (20 ans) cherche simplement à "retrouver une vie sociale". Pour sa part, Mario (Sandweiler) annonce d'ores et déjà qu'il organisera "une grillade géante" à l'issue de cette crise.

Cousin (Mersch) est de ceux qui ont voté pour reprendre leur sport préféré. A ses yeux, la pratique d'un sport apporte "bien-être, équilibre et condition". Il nous indique qu'il aime les sports collectifs et qu'il veut à nouveau "partager avec ses coéquipiers" quand la crise sera arrivée à son terme. Martin (Arlon), veut tout simplement reprendre ses activités sportives et retrouver le "bonheur du quotidien". Maria (Wormeldange), elle, déclare que sa santé "en dépend".

Enfin, Anne (Niederanven) fait partie de ceux qui attendent avec impatience de pouvoir sortir danser. "Ça me manque de ne plus pouvoir danser le tango", précise-t-elle. Léa, 49 ans, elle va jusqu'à affirmer que "la danse est la meilleure thérapie et le meilleur sport".

REPRENDRE UN PROJET (3%)

Et bien qu'ils ne soient pas les plus nombreux parmi les participants à notre sondage, ceux qui ont mis un projet important en pause ont également témoigné et le constat est mitigé. Il y a d'une part ceux qui ont dû freiner leurs projets d'acheter ou de construire une maison comme Sindy, 44 ans et habitante à Yutz. Il y a aussi ceux qui devaient déménager et qui n'ont pas pu le faire comme un sexagénaire de Lintgen qui n'a pas souhaité donner son prénom.

Puis il y a ceux qui voulaient se lancer dans un projet d'entreprise et qui ont été pris de cours par la crise. Ana (Angelsberg) en fait partie: "Mon projet d'entreprise dans l'Horeca est à l'arrêt." Enfin, il y a ceux comme Tania (Bascharage) qui ont dû reporter leur projet de mariage à trois reprises à cause du Covid-19 ou encore Véronique (Redange) dont les enfants n'ont pas pu se marier pour les mêmes raisons.

Si tous ces témoignages véhiculent des messages et des expériences différentes, ils expriment tous à quel point la pandémie a été difficile à traverser. C'est pourquoi nous vous souhaitons à tous de réaliser tous vos projets lorsqu'on aura relégué le coronavirus au passé.

La majorité d'entre-vous veut voyager après la crise /