Trente-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, des chercheurs sont parvenus à distiller un vodka avec des céréales qui ont poussé près de la centrale.

Une équipe de chercheurs britanniques a contribué à la production d'une vodka sans radioactivité baptisée "ATOMIK" à partir de récoltes effectuées près du site de Tchernobyl (Ukraine), contaminé par l'accident de la centrale nucléaire de 1986, a indiqué jeudi l'université de Portsmouth.

"C'est la bouteille d'alcool la plus importante au monde parce qu'elle pourrait aider les communautés vivant dans et autour des zones sinistrées à reprendre pied", a assuré dans un communiqué le professeur Jim Smith.

L'équipe a trouvé de la radioactivité dans les céréales mais après le processus de distillation, la seule radioactivité encore présente était du carbone 14 "au même niveau que dans tout autre alcool fort", souligne le communiqué. L'équipe anglaise a travaillé avec des collègues ukrainiens pour produire la boisson.

Après l'accident, une zone d'exclusion de 30 kilomètres a été établie autour de la centrale. L'exploitation agricole est toujours interdite dans cette zone et les environs, sauf pour des cultures à très petite échelle. "Des milliers de gens vivent encore dans la zone de relogement obligatoire où l'exploitation de terres agricoles et les investissements restent interdits", a souligné Jim Smith.

Les scientifiques sont en train de créer une entreprise à vocation sociale, la Société des spiritueux de Tchernobyl, et espèrent lancer la production à petite échelle dès cette année. Les trois quarts des profits iront à la communauté locale.