Le premier festival de la coupe "mulet", coiffure populaire notamment dans les années 80 et 90, s'est déroulé samedi à Boussu.

Nostalgiques des années 1980 ou amateurs d'autodérision contents de défier la mode: des centaines de fans du "mulet" ont participé samedi en Belgique à un festival dédié à cette coupe de cheveux associant tempes dégagées et longueur dans la nuque.

L'événement, atypique, a récolté un succès populaire, selon les organisateurs.  Samedi, à Boussu, il était possible pour les nombreux participants de faire un bond en arrière dans le temps - en matière de coupe de cheveux - et d'adopter la fameuse coiffure.

Pour certains, elle rappelle le rockeur Rod Stewart, pour d'autres MacGyver, le héros de la série télévisée éponyme.

Le principe est surtout de laisser libre cours à "la dewanne", le délire ou la déconne en patois du Borinage, un coin de la campagne wallonne digne du "far-west belge", selon Damien Hubert, l'un des organisateurs.

C'est sur un terrain de la brasserie artisanale dont il est cofondateur, à Boussu, non loin de Mons, que se tenait le festival à l'humour "15e degré" complètement assumé. Avec ses stands de coiffeurs accueillant les courageux prêts à franchir le pas.

"Cette coupe c'est un état d'esprit, une déclaration d'indépendance (...) la charge symbolique c'est vraiment une affirmation de soi", a expliqué à l'AFP Damien Hubert, soulignant que l'idée du festival était venue d'un groupe d'amis musiciens ayant décidé de se "tailler le mulet" pour un clip.

"Pour être très franc, je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de gens qui aient jamais trouvé ça très très joli. On est clair là-dessus", a-t-il fait remarquer.

Les organisateurs ont revendiqué quelque 1.500 participants pour ce qui était "une première en Europe". En 2018, un festival similaire avait été organisé en Australie.

Beaucoup de visiteurs à Boussu étaient des trentenaires ou quadragénaires nourris aux séries télé, concerts ou matchs de football des années 1980-90, époque phare de la coupe mulet.

"Quand j'étais petite, j'étais amoureuse de MacGyver, là je retourne en enfance", a plaisanté Marie Vandeville, 31 ans, entre les mains du coiffeur. Mais l'expérience du mulet ne va durer que quelques jours, assure-t-elle, "après on ré-égalisera".

En tong et chaussette, c’est sa première coupe mulet. Thibaut est Français et il a 26 ans. En 10 minutes, bienvenue dans les années 80, qu’il n’a pas connues: "Ce n'est pas esthétique. C'est plus pour montrer un état d'esprit. Franck Thielmanns, coiffeur présent au festival, témoigne, au micro du RTLinfo 19 heures: "Le mulet, c'est plus une façon de dire que je suis pour la liberté, un peu comme la mode hippie. C'est vraiment se dire 'je ne suis pas comme les autres, je l'assume d'être un beauf'."

Une deuxième édition annoncée

"Un acte, un choix personnel, qui montre qu'on est libre", indiquait l'un des organisateurs, soulignant que "le but n'est pas de se moquer mais d'être soi-même." Oreilles bien dégagées, cheveux courts sur le haut et longs derrière, voilà les grandes lignes de la coupe de cheveux qui caractérise la coupe "mulet".

Ce premier Festival européen de la coupe mulet a obtenu un écho dans plusieurs pays et plusieurs milliers d'internautes ont marqué leur intérêt sur la page Facebook de l'événement. Un premier festival qui en appelle un autre, selon les organisateurs.