L'ASBL se bat pour sa survie depuis l'arrivée d'une lettre du ministère de l'Education annonçant la fin des subventions étatiques à la rentrée 2016.

Dans la balance, l'avenir de plusieurs enfants handicapés moteur et mental qui sont pris en charge par l'ASBL depuis 2001. Des enfants qui, depuis lors, ont suivi un programme d'éducation conductive, un système établit depuis les années 40 et spécialement adapté à leurs besoins.

Maggy Wagner, présidente de l'association et institutrice du fondamental, connaît la différence entre l'éducation conventionnelle et l'éducation conductive. Et pour cause, sa fille est handicapée et a bénéficié de la pédagogie conductive.

Elle explique que l'handicap de sa fille a été très difficile à gérer. En règle générale, "un handicap mental implique toujours un handicap moteur. Ce que les gens ne savent pas c'est qu'un handicap aussi sérieux signifie automatiquement un handicap global".

Alors que sa fille n'a que trois ans, Maggy décide de partir pour Budapest et découvre l'éducation conductive ou la pédagogie Petö. C'est "la première lueur d'espoir" dont elle se souvienne.

Aujourd'hui, sa fille est adulte et "peut s'exprimer en 3 langues et a l'équivalent intellectuel d'une fille de 15 ans". Une progression dont elle n'aurait jamais osé rêver à l'époque ou sa fille était encore un enfant. "La stagnation, c'est atroce pour les parents d'un enfant sévèrement handicapé".

Depuis, Maggy Wagner n'a jamais cessé d’œuvrer afin d'améliorer le quotidien des enfants handicapés et de leurs familles. Un parcours, semé d'embûches certes, mais qui mènera à la création de l'ASBL Schrëtt fir Schrëtt. Afin de comprendre le chemin parcouru par Schrëtt fir Schrëtt, il est nécessaire de dresser un petit historique.

En 2001, une convention voit le jour entre l'ASBL et le ministère de l'Education nationale leur accordant une subvention étatique qui leur permettrait de subvenir aux besoins des enfants handicapés. Un pas dans la bonne direction.

Des promesses et puis... plus rien

En 2002, Delvaux, la ministre de l'époque, fait une promesse qu'elle ne pourra pas tenir. L'ASBL allait pouvoir accéder au statut d'école privée. Ce qui s'ensuit semble relever de la mauvaise blague. En effet, un article de loi voit le jour en 2003 qui interdirait une éducation différenciée et donc le projet d'un école privée pour ces enfants.

A ce stade, des alternatives sont encore recherchées et un projet voit le jour: Schrëtt fir Schrëtt pourrait se voir greffer à l'IMC. De nombreuses réunions se succèdent et le projet s'efface progressivement jusqu'à ce que récemment, une lettre du ministère de l'Education arrive annonçant la fin des subventions étatiques dès septembre 2016, date qui correspond à la prochaine rentrée scolaire.

Concrètement, qu'est ce que ça signifie pour les enfants suivis par l'ASBL? Et bien en théorie, cela voudrait dire qu'à partir de septembre, ces enfants seraient replacés dans le système public. Cependant, pour Maggy "ce n'est pas une alternative. Ce sont des enfants qui ne peuvent pas s'intégrer en raison de leur handicap sérieux". Les replacer dans des salles de classes conventionnelles ça reviendrait un peu à "fermer la porte et puis c'est bon".

Le compte à rebours 

Depuis, Maggy Wagner et son association se battent bec et ongles pour contester cette décision. Une pétition a vu le jour sur facebook et a déjà recueilli plus de 3.000 signatures, le chiffre à atteindre étant 4.500 afin de déclencher un débat législatif. Il reste approximativement deux semaines et demi à l'ASBL pour atteindre ce chiffre mais Maggy est optimiste.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le temps leur est compté. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, vous pouvez vous informer sur la page facebook de l'ASBL.

Vous pouvez également consulter la pétition déposée par l'ASBL à la Chambre des députés.