Le Tribunal administratif a récemment rejeté le recours introduit par deux personnes privées et une initiative citoyenne contre le projet de structure d'accueil pour demandeurs d'asile au Quai Neiduerf à Esch.

Deux personnes, un homme et une femme, et l'initiative citoyenne "Quai Neiduerf" s'étaient pourvus en justice en mars contre la décision du conseil communal d'Esch et l'accord du ministre de l'Intérieur pour le PAP de la structure prévue. Ils avaient déposé un recours dans l'espoir de faire arrêter la construction par ce biais.

PREJUDICE PERSONNEL EN TANT QUE VOISINS

Selon eux, il y avait deux motifs à ce recours. D'une part, le projet enfreindrait le PAG d'Esch et d'autre part, l'implantation d'une structure de conteneurs pour une centaine de personnes leur causerait un préjudice personnel en tant que voisins. Les deux personnes et l'initiative ont argumenté que leurs biens immobiliers allaient perdre de la valeur et que le quartier allait perdre en qualité de vie et en qualité urbanistique. D'après eux, des camions allaient certainement se rendre deux fois par jour auprès de la nouvelle structure afin d'y effectuer des livraisons. Le projet allait donc entraîner davantage de nuisances sonores et des difficultés de circulation supplémentaires.

NOT IN MY BACKYARD

La mairie d'Esch a contré tous ces arguments devant les juges. Tout d'abord, le lieu choisi pour installer le village de conteneurs est idéalement relié au réseau de transport public et au centre de la localité. Il serait plutôt question ici d'un "effet Nimby" (Not In My BackYard) classique. Les plaignants reconnaissent qu'une structure pour réfugiés est nécessaire. Ils ne la souhaitent simplement pas devant leur porte. Les deux personnes privées avaient utilisé comme argument qu'elles seraient les voisins immédiats de la structure. Par ailleurs, la mairie s'est demandé qu'elle était la représentativité d'une initiative citoyenne d'une centaine de membres par rapport à un quartier où vivent 1.600 personnes. Les responsables communaux ont encore tenu à souligner que les demandeurs d'asile n'étaient pas des criminels, mais des gens normaux dont les circonstances de vie étaient malheureusement tout sauf normales.

Dans un jugement récent, le Tribunal administratif a donc rejeté le recours de l'asbl et du couple. Les juges ont estimé que le projet n'enfreignait pas l'article 2.2 du PAG et n'ont pas retenu l'argumentation des plaignants.