60 millions de personnes sont employées dans le secteur du textile à travers le monde, la majorité en Asie, où des femmes et des enfants travaillent dans des conditions inhumaines.

Et pour bien peu d'argent. C'est pour sensibiliser sur le sujet qu'a été lancée par le ministère de la Coopération, en collaboration avec les organisations non-gouvernementales Fairtrade et Caritas, la campagne "Rethink your Clothes". Elle s'adresse aux professionnels du secteur et aux consommateurs avec pour objectif une consommation plus responsable et plus durable dans le secteur de l'habillement.

ESCLAVAGE MODERNE

Les entreprises asiatiques produisent environ 11.000 jeans par jour. Il s'agit d'entreprises où les employés travaillent plus de sept jours sur sept tout en ayant peu de pauses et pour un salaire très bas. C'est de l'esclavage moderne, selon le président de Fairtrade Luxembourg, Jean-Louis Zeien. Il serait vraiment temps de faire attention à ces gens qui sont au tout début de la chaîne. Jean-Louis Zeien souligne que dans un pays comme le Bangladesh, le salaire minimum devrait être cinq fois plus élevé que ce qu'il est.

C'est avant tout dans la production de vêtements que les normes internationales devraient être respectées dans les pays concernés, poursuit Jean-Louis Zeien. Il faudrait rapprocher les consommateurs luxembourgeois des vêtements alternatifs et écologiques. Ce ne sont pas les consommateurs qui sont les "fashion victims", mais bien ceux qui vivent à l'autre bout du monde et qui produisent les vêtements. Il avait été question d'une situation win-win, qui aurait signifié de bons vêtements pas chers pour nous et un bon travail pour les gens là-bas. Cela ne s'est pas réalisé, voilà pourquoi on veut changer quelque-chose maintenant.

2.700 LITRES D'EAU POUR PRODUIRE UN T-SHIRT

Il faut 2.700 litres d'eau pour produire un t-shirt. Une production qui a un gros impact sur l'environnement. L'objectif est de mieux informer les consommateurs sur les endroits où sont produits les vêtements. La présidente de Caritas, Marie-Josée Jacobs souligne que quand on achète des vêtements, il faut se demander d'où ils viennent et dans quelles conditions travaillent ceux qui les ont produits.

En 2013 au Bangladesh, un immeuble abritant l'une des plus grandes entreprises textiles du pays s'était effondré d'un coup faisant des centaines de morts. C'est dans ce contexte que sera organisée le 24 avril par les ONG Fairtrade et Caritas une action de sensibilisation à Luxembourg. Des ateliers et des workshops sont également prévus le mois prochain.

Le ministre de la Coopération, Romain Schneider, en appelle à la conscience des professionnels du secteur, mais aussi à la conscience des consommateurs. Il faudrait en arriver au point où un prix équitable et un salaire équitable pourraient se négocier.