Cinq ans après la fin du dernier, le nouveau plan d'intégration propose moins de dirigisme et plus de liberté.

L'intégration, c'est l'affaire de tout le monde, a souligné la ministre de la Famille Corinne Cahen jeudi lors du débat consultatif sur le prochain plan d'intégration du gouvernement.

Ce nouveau plan dit PAN devrait faire appel à la société civile et renforcer la participation des gens, aussi bien dans la phase de conception du plan que dans sa mise en pratique.

Deux principes seront au cœur du nouveau plan: la responsabilité partagée et une réadaptation permanente du plan au besoins sur le terrain.

À travers des appels à projets, lancés et financés par l'OLAI, des projets concrets pourront être soumis par des communes, associations et entreprises pour donner forme au plan d'intégration.

La participation politique des non-Luxembourgeois figure parmi ses objectifs explicites.

DES AVIS DIVERGENTS SUR LA PARTICIPATION POLITIQUE

Selon Roberto Traversini (Déi Gréng) il est positif que la nouvelle loi sur la nationalité améliore la situation des personnes concernées, mais cela ne suffit pas encore. Parfois, de petites barrières administratives, comme le délai d'inscription aux communales pour les non-Luxembourgeois, peuvent devenir un obstacle.

Vivre ensemble et décider ensemble, pour y arriver il faudra supprimer la clause de résidence de cinq ans pour pouvoir participer aux élections nationales, trouve Marc Baum (Déi Lénk). L'ADR n'est pas du même avis: Fernand Kartheiser souligne que les étrangers pouvaient déjà participer aux décisions dans beaucoup de domaines, mais qu'au plan national, là où la souveraineté du pays serait engagée, il faudrait passer par la nationalité luxembourgeoise.

UN PLAN RETARDÉ PAR LA CRISE DES RÉFUGIÉS

Le premier plan d'intégration a pris fin en 2013, et peu a été fait depuis. Le moment choisi pour remettre le sujet sur l'ordre du jour est abstrus, martèle Martine Mergen (CSV) et le gouvernement actuel n'a pas fait suffisamment d'efforts en matière d'intégration.

Roberto Traversini a admis qu'on aurait dû préparer un nouveau plan dès 2014, même s'il y avait peu de temps pour d'autres projets à côté de la gestion de la crise des réfugiés qui a éclaté en 2015.

Tous les partis sont d'accord sur ce dernier point: on ne peut donc que féliciter ceux qui se sont engagés pour aider les réfugiés sans attendre un plan officiel, et surtout les nombreux bénévoles qui continuent d'être actifs dans ce domaine.