Un quotidien avait épinglé la présence de la famille grand-ducale dans le Var en critiquant les mesures de sécurité prises pendant leur séjour.

On pourrait presque parler d'une tradition dans l'histoire de la famille grand-ducale: la plupart de ses membres se rend à Bormes-les-Mimosas dans le Var afin de passer quelques jours de vacances au calme dans le sud de la France.

Depuis plusieurs dizaines années également, un règlement provisoire (qui couvre la durée du séjour) prévoit l'interdiction de naviguer et de mouiller des bateaux à 100 mètres du rivage. Le stationnement pédestre est proscrit à cet endroit mais la traversée de la plage à pied sur le domaine public maritime est autorisée.

Des dispositions prises par la préfecture maritime et la mairie qui ne plaisent pas aux plaisanciers qui critiquent ce genre de privatisation, un terme qui rappelle vaguement l'affaire du roi Fahd d'Arabie Saoudite à Vallauris.

Les responsables de la commune de Bormes-les-Mimosas sont formels, il s'agit en premier lieu de sécurité:

"Personne ne trouve rien à redire que l'Etat privatise la plage du fort de Brégançon quand le président de la République française est présent. Avec la plage du Luxembourg, on est précisément dans la même problématique de chef d'Etat dont il faut sécuriser la résidence. Si aucune disposition n'était prise, on nous le reprocherait."

Un avocat, consultant en communication en France du Grand-Duc relativise et joue le porte-parole du Grand-Duché du Luxembourg:

"Depuis l'application de la loi littorale de 1986, il y a eu rétrocession de la partie maritime à l'Etat français. c'est pourquoi on ne peut pas parler de privatisation de la plage mais de réservation de l'espace et d'interdictions, pour des raisons évidentes de sécurité. La situation est très différente de celle de Vallauris: le dispositif de balisage en mer observe que des plaisanciers mouillent très régulièrement dans la zone autorisée, à 100 mètres du rivage.

De plus, la famille reste en moyenne deux à trois semaines et il est moins coûteux de réglementer sur plusieurs semaines consécutives que de multiplier les arrêtés et la mobilisation de fonctionnaires français à chaque déplacement de la famille grand-ducale".

François Arrizi, maire de Bormes-les-Mimosas, considère le grand-duc Henri comme un "modèle de courtoisie".

Var-matin voulait également demander l'avis d'un avocat "neutre", Francis Deffrennes de Lille mais ayant une résidence secondaire depuis 20 ans au Lavandou. Selon lui, "tout le monde est soumis à la loi" et il "trouve incroyable qu'on règlemente pour assurer la tranquillité d'une famille au détriment de ceux qui voudraient profiter du site. La loi littorale établit que le domaine public maritime doit profiter à tous."

Deux poids deux mesures pour certains résidents dans le Var? Chacun a l'air d'analyser la situation très subjectivement. Peu ou pas de bruit pour une famille courtoise et respectueuse des lieux, en tout cas.