Le groupe Jost spécialisé dans le transport et la logistique, dont le siège est à Weiswampach, est bel et bien dans le viseur de la justice belge.

L'enquête porte sur des soupçons de fraude fiscale, de blanchiment et de trafic d'êtres humains. Le préjudice serait estimé à plus de 65 millions d'euros. Ces accusations ont été rendues publiques par le parquet fédéral belge mardi devant le tribunal des référés de Liège.

DUMPING SOCIAL GENERALISE

Le parquet belge parle d'un "dumping social généralisé", et cite des chiffres: 45 millions d'euros de salaires impayés et un préjudice de 20 millions d'euros pour la Sécurité sociale, et cela pour la seule période 2014-2017.

Comme l'écrivent mercredi les quotidiens belges "Le Soir" et "L'Echo", un juge d'instruction belge a pris la décision en décembre dernier de saisir 350 camions du groupe Jost. Une décision contre laquelle les avocats du transporteur se sont pourvus en justice, ce qui a entraîné la suspension de la saisie.

POLICIER INFILTRE

Le dossier à l'encontre du groupe Jost, qui emploie 1.650 personnes, est à l'instruction depuis quatre ans en Belgique. Un policier sous couverture a même infiltré l'entreprise afin de rassembler des preuves. D'après son témoignage, il a dû passer jusqu'à 18 heures consécutives derrière le volant de son poids-lourd et dormir près de deux mois dans son camion. La justice belge parle de quelques 950 victimes de traite d'êtres humains.

650 EUROS PAR MOIS

Le contrat d'embauche du policier infiltré avait été signé en Slovaquie, alors que les transports étaient assurés dans les pays du Benelux, en France et en Italie. Pour ses prestations, le chauffeur touchait un salaire maximum de 650 euros par mois.

Les camions étaient majoritairement immatriculés en Roumanie et en Slovaquie, mais ils ne s'y rendaient qu'une fois par an pour un contrôle technique.

LE GROUPE REFUTE LES ACCUSATIONS

Les accusations qui pèsent sur la société sont lourdes. Dans un communiqué, le groupe Jost affirme qu'il réfute ces accusations et qu'il souhaite se défendre dans un "climat serein". Il renvoie à la présomption d'innocence.

Le groupe, dont le siège est situé dans l'Oesling, regroupe une vingtaine de sociétés établies dans une douzaine de pays.

Au printemps 2017, certains responsables de la société de transport, dont le directeur, Roland Jost, avaient été placés en détention provisoire. A l'époque, des perquisitions avaient également été menées au siège de Weiswampach.