Dans une question parlementaire du 26 juin, le CSV s'inquiète d'une "insuffisance de tenue" des diesel de secours de la centrale nucléaire de Cattenom.

NDLR : initialement publié le 26 juin lors du dépôt de la question parlementaire, cet article a été mis à jour avec la réponse des ministres de la Santé et de l'Environnement, Mmes Lydia Mutsch et Carole Dieschbourg.

Par la voix de la députée Martine Mergen, le parti chrétien-social vient de demander des explications au gouvernement concernant un incident significatif qui concerne la centrale de Cattenom. La députée va jusqu'à interroger  le gouvernement sur la possibilité d'aller "persuader les autorités françaises" de mettre la centrale hors service le temps de mettre en conformité les installations.

DE QUOI S'AGIT-IL ?

Le 20 juin, l'Autorité de Sûreté Nucléaire a publié sur son site une note d'information indiquant le classement au niveau 2 (sur 7) d'un "incident significatif". L'ASN indique explique que l'anomalie est "l’absence de démonstration de la tenue au séisme des ancrages dans le génie civil des systèmes auxiliaires des diesel de secours" sur l’ensemble des réacteurs de 1300 MWe (dont les quatre réacteurs de Cattenom).

Résultat : "En cas de perte des alimentations électriques externes provoquée par un séisme, le fonctionnement des diesel de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de la défaillance de leurs systèmes auxiliaires." En clair, impossible d'être sûr de la fiabilité des systèmes de secours en cas de séisme.

À QUOI SERVENT LES DIESEL DE SECOURS ?

Les diesel de secours sont des systèmes qui permettent d'alimenter en électricité les installations lorsque l'alimentation principale fait défaut. Pour chaque réacteur, deux diesel sont installés dans des bâtiments séparés et disposent de plusieurs jours d'autonomie.

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Un des diesel de secours de la centrale de Cattenom. / © Thomas Toussaint / RTL

QUAND L'ANOMALIE A-T-ELLE ÉTÉ DÉTECTÉE ?

La détection de l'anomalie remonte au 27 mars 2017 et a été faite sur la centrale de Golfech (près de Toulouse). EDF a ensuite jugé que tous les réacteurs du même modèle (Cattenom et d'autres) étaient potentiellement concernés.

QU'EST-CE QU'UN INCIDENT DE NIVEAU 2 ?

Provisoirement classé niveau 1 puis finalement 2, l'incident est donc en bas de l'échelle INES, qui permet de mesurer la gravité des incidents nucléaire. Le niveau le plus bas est 0, le plus élevé est 7. Dans leur réponse à la question parlementaire, les ministres de la Santé et de l'Environnement que cet incident était classé niveau 2 puisqu'il s'agissait d'un problème "générique" concernant plusieurs sites.

À ce jour, la centrale de Cattenom n'a pas connu d'incidents supérieurs au niveau 2. À titre de comparaison, les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima ont été classées au niveau 7.

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L'échelle INES telle qu'elle est représentée sur le site de l'IRSN. / © IRSN

QUAND CELA VA-T-IL ÊTRE ARRANGÉ ?

L'ASN a d'ores et déjà demandé à EDF de corriger le problème : 

  • dans les trois semaines pour au moins un diesel de secours,
  • sous un mois et demi pour le second.

"Selon l'ASN, le calendrier actuel de réparation d'EDF répond à cette préoccupation", peut-on lire dans la réponse des ministres.

QU'A FAIT LE GOUVERNEMENT ?

Le gouvernement a eu des "échanges bilatéraux avec l'opérateur (EDF, ndlr) et avec l'autorité de sûreté nucléaire en France" suite au classement de l'incident sur l'échelle INES. Les ministres ont constaté "qu'il y a eu de manière récurrente ces dernières années, des écarts concernant les groupes électrogènes de secours" et assurent que l'installation de nouveaux diesels de secours en 2018 ne permet pas d'accepter "une dégradation des équipements déjà existants".

Y A-T-IL UN RISQUE SISMIQUE ÉLEVÉ PRÈS DE CATTENOM ?

D'après le site de la prévention du risque sismique français, la commune de Cattenom se trouve en zone de sismicité très faible.