Pandémie, grand départ lointain, argent et dotation: trois questions au coeur du Tour de France 2022 qui s'élance vendredi de Copenhague.

Comment faire face à l'évolution de la situation sanitaire et la résurgence du covid-19 ?

Pour son événement numéro un, le cyclisme redonne un tour de vis après l'inévitable relâchement de la première partie de l'année, au vu de l'accumulation des cas positifs de covid-19. "Il était devenu nécessaire de renforcer les mesures en vigueur", estime David Lappartient, président de l'Union cycliste internationale (UCI), sans pour autant verser dans l'alarmisme.

"La situation que nous connaissons actuellement sur le front de la pandémie est moins préoccupante que celle que nous constations au plus fort de la crise sanitaire, mais nous devons rester vigilants", résume Lappartient en rappelant que l'essentiel a été préservé lors des deux dernières années. Le Tour 2020, décalé à la fin de l'été, a pu avoir lieu et aucun cas positif dans le peloton n'a été constaté lors de l'édition suivante.

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Des agents de la Protection Civile préparent les tests avant l'arrivée du Tour de France à Saint-Gaudens, le 13 juillet 2021 / © AFP/Archives

Dans ce Tour, en plus des règles sanitaires habituelles (port du masque, distance physique suffisante, désinfection fréquente des mains), les tests sont obligatoires avant le départ et lors des deux journées de repos de l'épreuve, coureurs et personnels d'équipes compris.

En cas de positivité, "la décision d’isolement éventuelle sera prise de manière collégiale par le médecin de l’équipe concernée, le médecin covid-19 de l’épreuve et le Directeur médical de l’UCI", précise la fédération internationale qui a renoncé à la règle de l'exclusion automatique de la course pour une équipe ayant deux coureurs positifs au covid dans un délai de sept jours.

Que change un Grand départ lointain pour les équipes ?

Cette année, le Tour part à (grande) distance de la France, comme d'ailleurs les deux autres grands tours (Budapest pour le Giro, Utrecht pour la Vuelta). Avec, pour conséquence, des problèmes logistiques supplémentaires pour les équipes participantes qui touchent d'ordinaire des frais de participation censés - en théorie - couvrir les dépenses.

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Le patron de l'AG2R Vincent Lavenu (costume) entouré de ses coureurs s'exprime devant les reporters, le 30 juin à Düsseldorf, ville du Grand Départ du Tour de France 2017 / © AFP/Archives

"L'accord a été signé de longue date avec l'AIGCP (association des équipes), cela représente 55.000 euros", explique à l'AFP Vincent Lavenu, le patron de l'équipe AG2R Citroën. "Les organisateurs prennent en charge les hôtels pour 24 personnes mais, en réalité, on se retrouve systématiquement avec des +packs+ supplémentaires à payer chaque jour. Les équipes comptent aujourd'hui entre 32 et 35 personnes sur le Tour".

S'il dévoile que "le Giro a compensé avec 30.000 euros supplémentaires", le responsable de l'équipe française n'a pas encore chiffré exactement le surcoût du déplacement au Danemark. En raison surtout des aléas inhérents à l'itinérance, exemple à l'appui: "L'un de nos bus qui devait rejoindre la Sicile pour les étapes italiennes du Giro a accroché le carter d'huile à la sortie du ferry. On est resté une semaine à attendre la pièce manquante. Le bus de Hongrie a dû aller en Sicile, etc. Ce sont des gestions humaines et matérielles qui sont assez lourdes, on laisse beaucoup d'énergie dans l'opération."

Le vainqueur du Tour est-il bien payé ?

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Le maillot jaune du Tour de France Tadej Pogacar sur la plus haute marche du podium aux Champs-Elysées, le 18 juillet 2021 / © AFP/Archives

Avec 500.000 euros alloués à son vainqueur, le Tour de France est de loin l'événement du cyclisme qui rémunère le mieux son lauréat. Mais les primes de victoire sont loin d'être l'essentiel dans les revenus des coureurs, qui ont l'habitude ancestrale de partager les gains avec les coéquipiers en laissant une part au staff (directeurs sportifs, mécaniciens, kinés, etc).

Dans la palette des sports professionnels, le cyclisme fait figure de parent pauvre en ce qui concerne la dotation de prix dans une économie certes tout à fait différente d'une discipline à l'autre. Pour s'en tenir à un événement français, le vainqueur de Roland-Garros gagne 2,2 millions d'euros et un demi-finaliste du tournoi perçoit davantage (600.000 euros) que le maillot jaune final sur les Champs-Elysées. A titre de comparaison, le Britannique Matt Fitzpatrick, récent vainqueur de l'US Open de golf, a touché 3,15 millions de dollars, environ 3 millions d’euros.