Favoris, les Portugais affrontent la Suisse à 20h ce mardi. Méfiance toutefois car la Nati sait y faire avec les grosses équipes.

Le Portugal de Cristiano Ronaldo en favori prudent et la Suisse en outsider assumé et ambitieux: le 1/8 de finale de mardi entre les deux équipes au stade de Lusail est peut-être le plus incertain du tableau final du Mondial 2022.

Un simple coup d'oeil aux deux dernières confrontations entre les deux équipes, il y a six mois à peine en Ligue des Nations, suffit à comprendre l'équilibre des forces. Lors du premier match, à Lisbonne, le Portugal s'était imposé 4-0, avec notamment un doublé de Ronaldo. Une semaine plus tard, à Genève, la Suisse avait pris sa revanche et l'avait emporté 1-0.

"On a gagné et on a perdu, donc on sait qu'on va affronter un adversaire difficile. Mais je peux vous assurer que la Suisse va affronter une équipe du Portugal totalement concentrée", a assuré dimanche le milieu de terrain de la Seleçao William Carvalho. "Il y a eu de grosses surprises dans ce Mondial. Donc on doit être concentrés de la première à la dernière minute", a-t-il insisté.

De fait, le début de tournoi des Portugais a pu être légèrement parasité par les soubresauts du divorce agité entre Cristiano Ronaldo et Manchester United. Mais la Seleçao est tout de même sortie en tête de sa poule avec deux succès et une défaite sans conséquence contre la Corée du Sud, concédée par une équipe remaniée.

La star Ronaldo est de son côté entré un peu plus encore dans la légende en devenant le premier joueur à marquer dans cinq Coupes du monde. Mais il a aussi affiché quelques signes de mauvaise humeur lors de son remplacement face à la Corée du Sud, lors d'un match où il a offert d'une déviation involontaire le but de l'égalisation à ses adversaires.

Qu'il joue peu ou beaucoup, bien ou mal, Ronaldo (37 ans) reste de toutes façons au centre des débats. En fin de semaine, un sondage du quotidien sportif portugais A Bola a ainsi cruellement mis en lumière les doutes des fans de la sélection quant à l'état de forme de l'idole, puisque 70% des votants se sont prononcés contre sa titularisation face à la Suisse.

La soif de gloire, de records et de victoires de "CR7" reste tout de même un moteur puissant pour la Seleçao, qui n'a plus atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde depuis 2006. Et on imagine mal Fernando Santos se passer de son attaquant au coup d'envoi.

LA SUISSE, ADVERSAIRE DISCRET MAIS CORIACE

En face, l'adversaire suisse avance sans faire trop de bruit, battu de justesse par le Brésil (1-0) mais plus fort que le Cameroun (1-0) et la Serbie (3-2).

Mardi à Doha, la Suisse va disputer son troisième 1/8 de finale consécutif en Coupe du monde et elle n'était pas passée très loin lors des deux précédents, avec une défaite en prolongation contre l'Argentine en 2014 (1-0) et une autre de justesse (1-0) quatre ans plus tard face à la Suède.

Le dernier Euro, avec une qualification retentissante contre la France (aux tirs au but après un match nul 3-3) et une élimination de nouveau aux tirs au but contre l'Espagne en quarts, a aussi montré que l'équipe de Murat Yakin n'était plus intimidée par personne.

Et même dans le duel des égos, les Suisses ont du répondant et "CR7" va trouver à qui parler. "Oui, il n'est pas faux de dire que je suis l'homme des grands matches", a ainsi promis Xherdan Shaqiri.