L'Allemagne, intraitable en double depuis le début de la compétition, a pris sa revanche sur la Grande-Bretagne (2-1) pour s'inviter en demi-finale.

Grande-Bretagne et Allemagne s'étaient affrontées au même niveau de la compétition en 2019 (l'édition 2020 a été annulée en raison du Covid-19). Les Britanniques s'étaient alors imposés 2-0.

Pour une place en finale, les Allemands affronteront la Russie ou la Suède, opposées jeudi en quarts de finale.

Comme la veille, quand la Croatie a surpris l'Italie (2-1), devant son public turinois qui plus est, ce ne sont pas les mieux placés sur le papier, même sans leur porte-drapeau Andy Murray, ni son frère Jamie, spécialiste de double, qui sont sortis victorieux.

Pour la troisième fois en autant de duels dans cette phase finale de Coupe Davis, c'est le double allemand, composé de Tim Pütz et Kevin Krawietz, qui a apporté aux siens le point de la victoire.

Ils avaient déjà réalisé une telle performance en phase de poules contre la Serbie de Novak Djokovic, puis face à l'Autriche.

Bis repetita mardi soir contre une autre paire spécialiste de double, Neal Skupski et Joe Salisbury, battus lors de deux jeux décisifs au bout d'un match hyper accroché. Et dire que les Britanniques ont obtenu quatre balles de premier set, puis ont mené 5 points à 0 dans le deuxième tie-break...

Ca n'a pas découragé le duo allemand, vainqueur des sept derniers points, et de la partie en un peu plus de deux heures, sur un ultime retour gagnant.

"On a juste persisté, a souri Pütz. Ca a été du très bon niveau. A 5 points à 0 dans le tie-break, on a joué point par point, et voilà, on y est !"

"L"équipe est très soudée, a témoigné Krawietz. Je suis heureux d'aller à Madrid."

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Le duo Kevin Krawietz-Tim Pütz (g) a donné le point du double à l'Allemagne contre la Grande-Bretagne en Coupe Davis, le 30 novembre 2021 à Innsbruck, en Autriche / © AFP

La capitale espagnole va accueillir les deux demi-finales et la finale, de vendredi à dimanche.

Tout avait pourtant commencé pour le mieux pour les Britanniques. Opposé dans le premier simple à Peter Gojowczyk (86e) - étrangement préféré à Dominik Koepfer (54e) - Daniel Evans (25e) l'a balayé en moins d'une heure, 55 minutes précisément, 6-2, 6-1.

Un brutal retour dans la compétition par équipes nationales plus que centenaire pour Gojowczyk, qui n'y avait plus été aligné depuis 2014 et avoue avoir été dépassé par l'enjeu.

"Ce n'est pas son meilleur match, mais j'y ai contribué je crois, a estimé Evans. Je ne suis pas stupide : je savais qu'il n'avait pas joué en Coupe Davis depuis un moment, et j'en ai profité."

"C'est une question de mental, reconnaît le trentenaire allemand. Je n'ai pas bien dormi, j'étais nerveux et tendu, c'est toujours quelque chose de spécial de jouer pour votre pays. Mon dernier match, c'était en 2014, ça faisait longtemps. Ce n'est pas une excuse, mais je n'ai jamais trouvé mon rythme du fond du court, ni au service."

Heureusement pour l'Allemagne, ça n'a pas été le cas pour Jan-Lennard Struff (51e), opposé ensuite au 12e mondial Cameron Norrie, victorieux de ses deux simples en phase de poules.

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Le N.1 britannique Cameron Norrie surpris par l'Allemand Jan-Lennard Struff en quart de finale de la Coupe Davis à Innsbruck, le 30 novembre 2021 / © AFP

Entre Norrie et Struff, rien que le premier set, empoché par l'Allemand au jeu décisif, a duré plus longtemps que le premier match : 65 minutes.

Si le Britannique a ensuite fait parler sa régularité pour égaliser à une manche partout, la prise de risques maximale de Struff, à la fois gros serveur et gros frappeur, a fini par payer (7-6 (8/6), 3-6, 6-2).

Puis Krawietz et Pütz ont une nouvelle fois répondu présents. Si bien que la paire ne s'est encore jamais inclinée en Coupe Davis.

Et que l'Allemagne - pourtant privée du N.3 mondial Alexander Zverev - s'y fait une place dans le dernier carré pour la première fois depuis quatorze ans, une époque où la compétition se disputait encore sous sa formule historique de rencontres à domicile et à l'extérieur.