"La meilleure manière de me réconcilier avec les mots, c'est de les attaquer de front" explique l'humoriste dans son nouvel ouvrage "L'ivre de mots".

On avait adoré ses chroniques sur Canal Plus qu'on lues et relues ensuite pour essayer d'en attraper chaque mot et chaque tournure de phrase. Le voilà qu'il revient et on aime toujours autant.

"Par amour des mots, on sème tant, que la récolte livre parfois quelques pensées fugaces". Ce sont ces pensées que Stéphane de Groodt nous apporte dans son nouvel opus. Il s'amuse avec les mots, leurs doubles sens, les expressions toutes faites, les aphorismes et autres néologismes. Il les mélange comme on mélange les lettres au Scrabble.

Et loin de nous saouler, il nous rend ivre de joie de le lire. L'ivre de mot (aux éditions de l'Observatoire) commence avec des dédicaces cocasses, "à Einstein, qui m'a appris à relativiser" ou "au pain perdu et au plaisir retrouvé".

Il laisse son esprit vagabonder, la tête dans les étoiles et nous balance quelques aphorismes sans réel liens entre eux, mais qui font du bien à l'esprit. On se sent plus intelligent quand on ferme le livre parce qu'on croit qu'on a tout compris.

Notre confère de RTL.be l'a interviewé: 
Olivier Schoonejans: Vous étiez dyslexique, vous aviez des problèmes de lecture, vous confondiez les mots, les lettres. Les mots, c'est un peu une torture quand on est dyslexique et vous en avez fait une force. Comment avez-vous réussir à faire ça?

Stéphane de Groodt: "Comme Oscar Wilde l'a dit, la meilleure façon de résister à une tentation, c'est d'y céder. La meilleure manière de me réconcilier avec les mots, c'était de les attaquer de front, d'assumer ce problème. Je me suis dit: je ne suis pas potier, mon vase est tombé, il est cassé en mille morceaux et je vais le recoller à ma manière. Il va être de travers, ce n'est pas le vase standard, c'est un vase singulier. Il va servir aussi à mettre des fleurs dedans et à mettre de l'eau. Mes mots sont recollés, ne sont pas standards et je me suis dit que j'allais en faire quelque chose. Mes mots sont comme un vase. Je ne sais pas si ça veut dire grand-chose…"

Olivier Schoonejans: C'est un beau message d'espoir. Quand on a des difficultés, on peut les combattre et en faire une arme. Changer une lettre pour faire tout autre chose, c'est votre force, votre marque de fabrique...

Stéphane de Groodt: "On découvre que les mots, c'est vraiment un trésor. C'est ça que mes livres ont fonctionné, je pense, c'est parce que j'invite les gens à jouer avec moi, à recomposer les mots pour en faire quelque chose."