En tournée pour célébrer ses 25 ans, le collectif britannique a livré un live intense lundi soir à la Rockhal.

Comme un rêve éveillé: assister à un live d'Archive, qui célèbre ses 25 ans d'existence, est une expérience bouleversante. Il n'y a qu'à fermer les yeux pour se laisser emporter dans un voyage hors du temps, lequel aura duré près de deux heures et demies lundi soir, à la Rockhal.

Le groupe londonien fondé en 1994 par Darius Keeler et Danny Griffiths hypnotise doucement, puis transporte durant plusieurs minutes avant de donner un gros shoot d'énergie: à travers leurs douze albums, ce collectif a pris l'habitude des longues introductions sur des rythmes répétitifs, puissants, planants, comme pour nous faire languir avant l'extase, survenant dans un mélange de sons ambients, trip hop, électro et rock progessiste. Les voix de David Penney, de l'Américain Pollard Berrier et de Maria Q, toutes singulières et magnifiques en live, ont marqué cette soirée passée en apesanteur, à écouter notamment les titres de "Controlling Crowds", sixième album du groupe, en passant par "Noise" (le cinquième) et le best-of "25", sorti en mai dernier avec huit titres inédits.

Les deux mains sur le micro, dans l'obscurité, Penney nous a d'abord ramené 15 ans en arrière quand Fuck U était encore interprété par l'Irlandais Craig Walker, alors que le rock du collectif se voulait plus sombre.

Baignés dans les rayons de lumières, les huit membres du groupe présents sur scène sont passés du calme à la tempête, Maria Q prenant le relais sur Pills (issu de "Controlling Crowds, Part IV") ou l'excellent Whore, Berrier se montrant impressionnant sur Wiped Out ou Erase.

Vingt morceaux et une conclusion de haut vol avec les versions longues de Light et du déchirant Again (plus de 15 minutes) repris par Penney, un des premiers titres fondateurs du groupe. Un voyage définitivement intense.