Le groupe de nu metal américain a livré un concert court mais intense à la Rockhal, lundi soir.

La venue de Limp Bizkit laissera une trace indélébile dans la mémoire d'au moins deux personnes. Deux fans invités à chanter sur scène à dix minutes d'intervale par Fred Durst, le chanteur du groupe floridien, totalement en roue libre lundi soir à la Rockhal. Le premier en a été pour ses frais, renvoyé sans ménagement dans le public, visiblement intimidé (et on le serait à moins) au moment de se lancer micro en main. "C'est ton moment mec, parles à tes amis, à tes fans!" lançait Durst, qui a alors fait venir le deuxième, tout de suite à l'aise à l'heure de reprendre "Livin it up".

LA DANSE DU GUITARISTE EN MANTEAU-SLIP

Un moment incroyable, puissant, finalement partagé par le premier revenu sur scène à la demande du chanteur. Ce trio inédit, filmé par des centaines de téléphones portables, a donné une autre dimension à un concert déjà bien barré. Bien sûr, il y a eu ce curieux interlude de Wes Borland, le guitariste, qui s'est lancé dans une danse en manteau-slip sur les premières notes de Seven Nation Army des White Stripes, avant de se trémousser sur un air de bossa nova.

Sans filtre, Fred Durst n'a pas hésité à clasher le public à maintes reprises, tantôt pour se moquer de sa passivité, tantôt pour s'en prendre aux fumeurs "stupides" invités à aller "fumer dehors".
Le chanteur avait déjà surpris son monde en s'invitant dans la foule, sans doute pour la réveiller un peu, suivi dans toute la salle par des agents de sécurité et des fans aux yeux grands ouverts, avant de rejoindre la scène porté à bout de bras sur un clin d'oeil à Cypress Hill (en concert ce mardi soir, toujours à la Rockhal).

DE LA RAGE ET DES CLINS D'OEIL

Un joyeux n'importe quoi marqué encore par une référence sortie de nul part aux Backstreet Boys ("Je les adore: Backstreet's back alriiiiight!"), une offre (virtuelle) de bières et de pizzas gratuites, ou encore le célèbre Take a Look Around (thème du film Mission Impossible 2, issu du troisième album "Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water") dédicacé "aux poissons", "aux gémeaux", "aux Scorpions... le groupe de rock", "à Kiss"...

Sur scène, le chanteur, ses trois musiciens et son DJ, ont enchaîné avec toute la rage qu'on leur connaît des titres rappelant la fin des années 90 - début des années 2000, puisant abondamment dans "Significant Other" et "Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water" (avec les titres Nookie, I'm broke, Boiler, Livin'it up, My Generation...), laissant peu de place aux albums plus récents. La version "karaoké" de Behind Blue Eyes, titre de The Who (1971), a, lui, eu un effet hypnotisant sur le public.

Bref, le concert du groupe de "pimp rock" n'aura duré qu'une heure et une vingtaine de minutes (sans rappel), mais Durst a arrosé la Rockhal de son énergie, de son extravagance et de ses piques, faisant asseoir tout le monde sur Take a Look Around, pour mieux le faire bondir et se déchaîner une dernière fois.