Un monument de la guitare slide était de retour au Luxembourg mercredi soir. Et il nous a rappelé pourquoi on le surnomme Ben "Hors-Pair"!

Oui, la carrière de Ben Harper a connu quelques trous d'air. Oui, à l'âge d'or des années 90, marquée par quatre albums mythiques, ont succédé des projets plus inégaux, malgré de belles collaborations avec des sommités du rock, du folk et du blues...

Mais s'il y a une chose qu'il ne faut pas enlever au bientôt quinquagénaire (désolé pour le coup de vieux), c'est que contrairement à nombre de ses pairs, il reste authentique. Ben Harper est sincère lorsqu'il fait vibrer sa guitare au son d'un antique blues, d'un gospel ou d'un enragé "Machine Gun" emprunté au maître Hendrix.

RETOUR AUX SOURCES

Et Ben Harper est-il jamais meilleur que lorsqu'il retrouve ses Innocent Criminals? Mercredi soir, le public de la Rockhal a eu cette chance de revivre cette alchimie parfaite qui avait fait naître le phénomène Ben Harper, monument de la guitare folk, mais aussi électrique, et surtout slide (la guitare sur les genoux et un bottleneck au doigt).

Un retour aux sources qui sentait bon les retrouvailles entre vieux compagnons de voyage. Tout était là: la magie des fondamentaux (The Will to live, Whipping Boy, Burn One Down), un bœuf d'anthologie (le bassiste Juan Nelson est toujours aussi monstrueux), et des reprises inspirées (Superstition de Stevie Wonder notamment). Tout n'était pas parfait, mais tout était joué avec le cœur.

Ben "Hors-Pair", dit-on... Mercredi soir, il nous a rappelé que les écrans géants et autres effets pyrotechniques sont parfois superflus: une simple guitare posée sur les genoux d'un quinquagénaire suffit pour nous éblouir...