Et si l’ouvreuse vous proposait un film d'épouvante pour l'ère de Trump? Attachez vos ceintures, car la course sera folle…

Des films sur le mariage, il en existe treize à la douzaine. Tout récemment, un truc assez rigolo baptisé "Crazy Rich Asians" (sur un mariage de rêve à Singapour) a fait un tabac dans les salles, même s’il n’est jamais sorti au Luxembourg. Dans les années 1950, quand Elizabeth Taylor avait demandé à son papa (Spencer Tracy) dans "Father of the Bride" de lui organiser un mariage de rêve, la vie du pauvre Spencer s’est transformée en cauchemar. On se souvient évidemment de "Four Weddings and a Funeral" (1994) avec Hugh Grant et Andie MacDowell. La même Andie MacDowell qui, 25 ans après, refait surface dans "Ready or not". Pas pour longtemps.

Qui dit mariage, dit horreur. Récemment, à part quelques surprises un peu plus intelligentes comme "Get out" ou "Us", le cinéma d’épouvante s’est plus ou moins cantonné dans l’horreur et la triperie basique, faisant trop souvent la part belle aux zombies et autres morts-vivants malodorants. C’est devenu tellement barbant que l’ouvreuse a régulièrement fait une croix sur ces films qui, de toute façon, racontaient toujours les mêmes histoires... mais pas cette fois.

Grace vient d’épouser Alex Le Domas, issu d’une riche famille totalement snob, héritière d’un empire de jeux de société. Dans le manoir où est réunie sa belle-famille, Grace est invitée à se livrer à un rituel pour intégrer le clan. À minuit tapant, tous les convives prennent part à un jeu déterminé par tirage au sort. Alors que, selon toute probabilité, elle devrait tirer une carte anodine menant vers le jeu de Dames ou le Monopoly, Grace tire la carte maudite, celle qui indique "cache-cache". Ignorant ce qui l’attend, elle trouve refuge dans un monte-charge, tandis que les Le Domas sortent leurs armes mortelles. En effet, la tradition veut que la mariée devra mourir avant l’aube, sans quoi ce sont tous les membres de la famille qui passeront l’arme à gauche…

À lire ce bref synopsis, on se dira que l’histoire est débile et tirée par les cheveux. Oui, absolument. Et les auteurs le savent pertinemment, puisque dès les premières images du film, ils se foutent de la gueule de leurs personnages. À part la mariée qui a toujours été pauvre et n’a jamais connu des parents, tous les membres de la famille Le Domas sont des hyper-Trumpiens, qui affichent leur richesse et qui sont plus tarés les uns que les autres. Sous une fausse façade de respectabilité, ce sont des êtres humains de la pire espèce – vulgaires, alcooliques, drogués, revanchards et sans même une ombre d’humanité. Des gens qui chient sur des toilettes en or, comme l’autre con à Washington. Nul besoin de préciser que la famille n’aime pas celle qu’ils considèrent comme une crève-la-faim et une intruse dans leur manoir situé loin des réalités du monde. Que la pauvre Grace doive passer sa nuit de noces en train d’échapper à ces monstres friqués et assoiffés de sang n’est donc pas le fruit du hasard, puisque dans la vraie vie, Trump est, lui-aussi, en train de sucer le sang de la presque totalité des Américains.

Mais bon, ne nous égarons pas trop dans les similarités entre Monsieur Maga et la famille Le Domas (qui aurait pu s’appeler Koch). Car après tout, l’aspect politique est secondaire dans un film qui ne respecte rien ni personne et qui, au fur à mesure que l’action progresse, se transforme sous les yeux du spectateur en comédie horrifique désopilante, où ça trépasse de tous les côtés et où les pauvres victimes (ou les pas si pauvres pourritures) se retrouvent l’une après l’autre en train de se décomposer dans une fosse à purin.

Le cinéphile assidu se souviendra des "Chasses du Comte Zaroff", mais la comparaison s’arrête là, car dans "Ready or not", si l’héroïne risque sa vie pendant 95 minutes, le spectateur lui risque de mourir de rire, du moins s’il a l’esprit aussi mal tourné que votre mère l’ouvreuse.  C’est une des comédies les plus perverses de l’année, où tous les coups sont permis et où, si on va au cinéma pour voir des films logiques, on sera poussé à l’exaspération.

"Ready or not" n’est pas vraiment un bon film, mais ce que les deux réalisateurs aux noms qui ne vous diront strictement rien ont réussi, c’est un divertissement couillu, vache et drôle à mourir, qui ne respecte rien et qui a failli donner une hernie à Marie-Amandine, tellement elle a rigolé au milieu de son premier rang.  Mais n’allez pas le voir si vous n’avez pas l’esprit tordu. Ou si vous êtes une femme qui va se marier prochainement. Si, en revanche, vous êtes futurs beaux-parents, ça pourrait vous donner des idées.

Marie-Amandine
Fiancée du Diable