Avec l'arrivée prochaine des nouveaux services streaming Disney+ et Apple+ à des prix mensuels nettement plus avantageux que ceux de Netflix, les voix qui prédisent un décès imminent du pionnier de la branche se multiplient. L'ouvreuse n'en fait pas partie…

Aussi bien Disney que Apple ont annoncé des tarifs mensuels tournant autour de 8 dollars ou euros pour leurs nouveaux services. Le but de cette opération est clair – il faut faire mal à Netflix et s'attirer autant de clients que possible. Marie-Amandine n’a strictement rien contre la pomme ou la souris, elle s’abonnera sans aucun doute à ces nouvelles offres, mais elle ne veut certainement pas perdre l’offre Netflix.

Pour la plus simple raison que Disney (évidemment) et Apple (sans doute aussi) ne toucheront pas de sitôt à des sujets adultes ou politiquement brûlants, alors que Netflix en a fait ses figures de proue. Bien sûr qu’il y a beaucoup de scories imbuvables sur Netflix aussi, mais en fouillant un peu et en s’informant, on y trouve de véritables bijoux et/ou des séries que personne d’autre n’oserait mettre en avant. Cette semaine, comme il n’y a rien qui vaille au cinoche, l’ouvreuse s’est tapée trois pépites netflixoises pour vous.

THE FAMILY

Une série documentaire qui… explique le phénomène Trump aux États-Unis, autant vous dire que le mec qui a fait ça (il s’appelle Jesse Moss) ne manque ni de courage ni de culot. En utilisant les livres du journaliste Jeff Sharlet comme base, Jesse Moss ausculte une sombre organisation chrétienne du nom de "Fellowship", qui – depuis les années 1950 et la présidence de Dwight Eisenhower – investit énormément d’argent et encore plus d’astuces pour s’infiltrer aussi bien dans la politique américaine au plus haut niveau que dans une ribambelle de pays autour du monde.

Depuis Ike, aucun président américain n’a d’ailleurs échappé à leur emprise, même Barack Obama s’est laissé embobiner par ces adeptes très allumés de Jésus pour participer au "National Prayer Meeting" qui se tient à Washington chaque année, alors que la constitution américaine prévoit une stricte séparation de l’église et de l’état.  Le lobbying des agents obscurs du "Fellowship" ressemble comme une goutte d’eau à celui de la "National Rifle Organisation", qui fait tout pour que la législation sur les armes à feu ne soit pas changée aux États-Unis.

© Netflix

Nul besoin de préciser que Donald Trump était exactement la figure de proue que l’organisation attendait et que désormais tous les moyens (légaux et beaucoup moins légaux) sont utilisés pour élever l’idiot orange au statut d’un nouveau Messie. "The Family" vous coupera le souffle dès le premier de ses cinq épisodes. Il faudrait juste essayer de savoir si le «Fellowship» a également étendu ses tentacules vers le Luxembourg.

MINDHUNTER SAISON 2

Le nom de David Fincher est omniprésent sur les génériques des deux saisons de "Mindhunter", aussi bien en tant que producteur exécutif que comme réalisateur de plusieurs épisodes. Ceux qui avaient découvert le premier volet sur Netflix en 2017 attendaient la suite fusil au pied, et l’ouvreuse peut vous garantir qu’ils n’ont pas été déçus.

L’action se situe dans les années 1970, à un moment où le FBI met sur pied un département spécial, l’Unité des sciences comportementales qui, en interviewant des tueurs en série derrière les barreaux (dont Son of Sam, Charles Manson, etc.) pour comprendre leurs comportement et pour détecter d’éventuelles similarités entre leur façon d’agir. La saison 2 se concentre sur une série de meurtres d’enfants noirs à Atlanta, en Géorgie, et alterne entre l’enquête du FBI et les problèmes de trois agents dans leur vie privée.

© Netflix

Des détails fascinants, des crimes horribles et une trame soutenue qui oblige le spectateur à se taper les neuf  épisodes en un temps records. Outre David Fincher, Andrew Dominik et Carl Franklin ont également mis en scène des épisodes.

THE NAKED DIRECTOR

Nettement moins sérieux que "The Family" ou "Mindhunter", la série japonaise "The Naked Director" (interdite aux moins de 18 ans, et certainement pas destinée aux plus prudes) s’intéresse à la naissance du secteur pornographique au Japon, où une très stricte censure existe encore de nos jours, et où montrer les poils pubiens à l’écran ou sur une photo est toujours officiellement interdit.

La "guerre" du porno s’est d’abord jouée sur le marché des magazines, où la mafia locale (les yakuza) avait la mainmise sur le marché officiel censuré, alors que des francs-tireurs ont essayé de contourner les interdits en osant "plus". Puis, au moment du combat entre Betamax et VHS, la lutte s’est étendue au secteur des vidéos pornographiques où, là aussi, le "Naked Director" (le réalisateur à poil) a tenté de "pousser l’enveloppe".

© Netflix

Le tout est présenté sur un air de comédie parfois désopilante, parfois même stupide, mais les faits racontés par le réalisateur Masaharu Take sont authentiques et la reconstruction de l’époque est très réussie.  Huit épisodes très olé-olé, à savourer par tous ceux qui n’ont pas froid aux yeux et qui ne s’offusquent pas trop vite. Ce n’est pas ce genre de sauterie que vous verrez sur Disney+.

Marie-Amandine,
Cochonne nipponne