Oui, on pourrait presque croire que toutes les salles dans tous les cinémas dans tout le pays et même dans les pays limitrophes ne présentent qu’un seul film cette semaine, un petit truc avec un lionceau.

Et pourtant, la résistance ne dort pas puisque - tout comme le lionceau – elle chante comme un rossignol dans l’autre grand film de la semaine - "Wild Rose" de Tom Harper. Ce film (il passe à Utopia) risquant de se perdre au fin fond de la savane disneyenne, l’ouvreuse a choisi d’oublier ses vacheries pour quelques instants et de vous inviter à savourer un film musical dont vous lui direz des nouvelles.

Crédit photos: 2018/2019 Entertainment One

Découvert en septembre 2018 au Festival de Toronto, "Wild Rose" a mis 10 mois pour arriver sur nos écrans. L’été aidant, on pourrait presque croire que le film a été programmé comme bouche-trou, ce qui arrive fréquemment au moment des vacances. Mais Marie-Amandine tient à vous prévenir que cette petite toile écossaise compte parmi les grands films musicaux de l’année, au même niveau que "A Star is born" (adoré par l’ouvreuse) et sans aucun doute supérieur à "Bohemian Rhapsody" (détesté par l’ouvreuse) ou "Rocketman"  (bien aimé par l’ouvreuse). Pas de Lady Gaga, pas de Freddie Mercury, pas de Elton John ici, mais un petit brin de femme, personnage fictif de surcroît, dont le rêve de faire carrière aux États-Unis pourrait bien ne jamais se réaliser.

Depuis sa plus tendre enfance, Rose-Lynn Harlan (Jessie Buckley, actrice et chanteuse surprenante) a toujours rêvé de devenir une grande star de musique country et de se produire au Grand Ole Opry à Nashville. Mais elle habite Glasgow, en Écosse, et elle a récemment été en prison. Maman de deux enfants dont le père s’est tiré, Rose-Lynn revient vivre chez sa mère (Julie Walters) qui s’est occupée des gosses. Désormais affublée d’un bracelet électronique et assignée à domicile en soirée, la jeune femme n’a même plus le droit de se produire dans le club à Glasgow, où elle chantait jusqu’à maintenant.

Engagée comme femme de ménage par Susanna (Sophie Okonedo), une dame riche un tantinet excentrique, elle se fait surprendre lorsqu’elle chante au boulot. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, sa patronne est aux anges et promet d’aider Rose-Lynn pour qu’elle puisse réaliser son rêve. Mais la mère de Rose-Lynn, qui a toujours fait de son mieux pour soutenir sa fille, exige qu’elle prenne ses responsabilités vis-à-vis de ses propres gosses…

UNE BÊTE DE SCÈNE

Sur le papier, les belles histoires de cinéma ressemblent souvent à des mélodrames un peu lourds, mais il n’y a aucune lourdeur dans "Wild Rose", bien au contraire. Ceci est surtout dû à la personnalité explosive de Jessie Buckley, l’actrice/chanteuse d’origine irlandaise qui joue ici le premier grand rôle (de cinéma) de sa jeune carrière et qui, selon l’expression un peu vétuste, crève l’écran, aussi bien dans les séquences dramatiques que dans les nombreux numéros musicaux qu’elle interprète "comme une grande".

Ceux qui ont récemment vu la série "Chernobyl" la reconnaîtront. Elle a également joué dans la mini-série britannique "War and Peace", où elle était déjà dirigée par Tom Harper. Comme contrepoint à cette jeune et fougueuse actrice, le réalisateur a choisi Julie Walters pour interpréter le personnage de la mère de Rose-Lynn. Julie Walters étant une véritable bête de scène dans la grande tradition des actrices anglaises, la rencontre de deux générations fait des étincelles à l’écran.

Tourné en grande partie à Glasgow, en Écosse, le film fait la part belle à une ville au charme un peu dur qui devient ainsi un des "acteurs" d’un film à la fois sobre et entraînant, qu’il serait vraiment bête de louper, juste parce que les lions, les porcs-épics et les hyènes dansent la samba dans la brousse, sur des mélodies de Hans Zimmer et d’Elton John. Allez hop, au ciné!

Marie-Amandine
Chante comme une casserole