L'ouvreuse a vu la nouvelle version du "Roi Lion" avant tout le monde et nous dit ce qu'elle en pense.

Écartons tout de suite un doute: oui, le dessin animé de 1994 est meilleur. Parce que l’animation est magnifique, parce que le concept était original et néanmoins shakespearien et parce que, de toute façon, tout était toujours meilleur dans le passé.

Le nouveau "Roi Lion" entièrement numérique n’est même pas sorti dans les salles (il arrive au Luxembourg le 17 juillet, en Amérique du Nord le 18) que déjà, sur Twitter et partout ailleurs, une déferlante de haine a été déclenchée par la horde habituelle d’opérés du cerveau, dont personne n’a encore vu le film à part quelques extraits.

Sans doute les mêmes lobotomisés qui ont accusé Disney de toutes les trahisons quand le "Mouse House" a annoncé que la future Ariel serait interprétée par une actrice – horreur de toutes les horreurs – de couleur. L’ouvreuse a également lu quelque part que le comportement des lions dans la savane africaine était différent de celui dans le film. Euh oui, les lions ne parlent pas Anglais et ils ne chantent pas.

Vous savez pertinemment que Marie-Amandine n’aime pas l’idée de tous ces remakes en images de synthèse dont Disney détient le secret et qui remplissent ses coffres d’une manne qui ne tarira pas de sitôt. Même l’exécrable "Aladdin" a déjà engrangé plus de 925 millions de dollars de recettes dans le monde (pour un budget de 185 millions), autant vous dire que la société de l’Oncle Picsou ne va pas arrêter de faire tourner le moulin à sesterces, les prochaines "victimes" prévues étant "Mulan", "La petite sirène", "Blanche-Neige" et "Maleficent 2". Entretemps, il y aura aussi un "Frozen 2" et un nouvel (et peut-être dernier) épisode de "La Guerre des Étoiles".

© The Walt Disney Company

L’ouvreuse entend déjà le tintement du tiroir-caisse, l’hégémonie de Disney sur le cinéma commercial en Amérique étant désormais totale. On a le droit de ne pas aimer la Walt Disney Company pour ce qu’elle représente, mais faut-il pour autant tout détester de ce qu’ils proposent? La solution est pourtant simple, soit on ne va plus voir leurs films, soit on joue le jeu et on juge chaque toile sur ses mérites intrinsèques – après l’avoir vue, bien sûr! De toute façon, ceux qui vomissent leur haine sur internet n’auront pas le moindre impact sur la carrière de "Lion King" - il fera 2 milliards de recettes rien qu’en salles et sera – avec le dernier "Avengers" - tout en haut du box-office mondial de 2019.

Alors, le film? Marie-Amandine, qui est fan inconditionnelle de l’original de 1994, a aimé "The Lion King 2019". Elle s’est éclatée à certains moments, un gag culinaire piqué à "La Belle et la Bête" l’a même fait s’écrouler. Rien que la prouesse technique gargantuesque pour recréer toute cette ménagerie africaine y compris les paysages dans un photoréalisme époustouflant laisse pantois.

© The Walt Disney Company

Et puis, une comédie dramatique animalière, où la première bête apparaissant à l’écran est un rhinocéros, ne peut pas être mauvaise. Qu’on se le dise. Le fait que l’ouvreuse soit follement amoureuse de ces colosses en voie de disparition y est évidemment pour quelque chose. Il est vrai que le comportement anthromorphique de toutes ces bestioles qui parlent et qui chantent comme des rossignols n’est pas du goût de tout le monde, mais si Marie-Amandine se souvient bien, les animaux chez Disney ont parlé et chanté depuis l’aube des temps. Soit on l’accepte et on s’éclate, soit on fait la gueule et on va voir le Besson.

© The Walt Disney Company

On a aussi dit que Jon Favreau avait fait un remake plan par plan du film original, ce qui est archi-faux, la réalité virtuelle utilisée ici en combinaison avec le talent du chef-opérateur Caleb Deschanel permettant désormais des mouvements de caméra insensés qui plongent le spectateur carrément à l’intérieur du spectacle. Ce qui est à la fois renversant et inquiétant dans cette utilisation quasi parfaite des nouvelles technologies, c’est le degré ahurissant de photoréalisme atteint par le film. On peut désormais tout faire grâce au numérique – à certains moments, on se croirait à bord d’un véhicule de safari en Tanzanie ou au Kenya. Hatari!

© The Walt Disney Company

Donc, dès mercredi prochain, les grandes vacances aidant, ce sera la cohue dans les salles de cinéma dans toutes les versions linguistiques possibles…et, pour faire chier les xénophobes bien de chez nous… même en portugais. Une version 4DX devrait aussi faire partie de l’offre, où les pets et les rots de Pumba vont faire fureur. Donc, en résumé, "Le Roi Lion 2019" est une belle réussite. Plus technique que dramatique, oui, mais le spectacle et les émotions sont intactes. On pleurera dans les paillottes. Et on chantera avec Beyonce. Le "cercle de vie" des franchises Disney, quoi!

Marie-Amandine,
Pachyderme