Non, de grâce! L’ouvreuse ne tient pas à ajouter son grain de sel au sale coup qui a frappé les journalistes du "Jeudi" la semaine passée, puisqu’elle aussi avait déjà subie "l’efficacité" de l’éditeur en question.

En fait, les termes « essentiel », « tout venant » ou « superflu » peuvent être utilisés pour chaque film qui sort sur nos écrans. De toute façon, chaque critique étant entièrement subjective, ces termes sont interchangeables, puisque c’est toujours l’opinion de celui qui l’exprime qui compte. Au lecteur ou à l’auditeur de se retrouver là-dedans. L’ouvreuse s’est toujours considérée comme cinéphile plutôt que comme critique puisque – contrairement à beaucoup de ses collègues – elle a toujours fait la part belle au cinéma populaire, au cinéma de quartier respectivement aux films dits « de genre ».  Mais bon, depuis que le cinéma mainstream américain ne s’intéresse pratiquement qu’aux super-héros, aux guerriers des étoiles où aux resucées d’anciennes resucées, même les « films de genre » sont devenus une espèce en voie de disparition. Donc l’ouvreuse les prend où elle les trouve. Ce qui lui a été fatal mardi dernier.

John Wick: Un homme et son chien / © Lionsgate 2019

Oui, mardi dernier, Marie-Amandine, qui continue son rattrapage de films après ses vacances, est tombée - dans la même journée - sur deux des films les plus superflus de l’année : JOHN WICK 3 – PARABELLUM et X-MEN : DARK PHOENIX. Le premier (qui est le troisième de la série) dure 130 minutes, le deuxième (qui est censé clôturer la série une fois pour toutes) fait 114 minutes. En additionnant tout cela, ça nous fait 244 minutes d’une vie d’ouvreuse gâchées à râler intérieurement de s’être fait prendre au piège par deux films in-ter-mi-na-bles, dont l’invention et l’originalité n’occuperaient même pas le quart de la face gommée d’un timbre-poste. Pouah, quel gâchis.

John Wick: Un homme et son cheval / © Lionsgate 2019

John Wick est un tueur professionnel tombé en disgrâce parce qu’il a enfreint la seule loi qu’il ne fallait pas enfreindre – ne jamais tuer quelqu’un tant qu’on se trouve au sanctuaire des tueurs professionnels. Donc, il a été excommunié et sa tête a été mise à prix : 14 millions de dollars. Bien évidemment, tous les autres tueurs professionnels veulent remporter la cagnotte et s’acharnent sur le pauvre John Wick. À la fin du film, 85 assassins en herbe ont été trépassés par Wick, qui a tiré 307 coups avec 88% de résultats mortels : 26 morts par Glock 34, 22 par TTI Benelli M2, 7 par STI Combat Master, 6 par couteau, 5 par épée, 5 par Walther P99, 4 par TTI MPX Carabine, 3 par cheval (vous avez bien lu), 2 par Sig Sauer MPX Copperhead, 1 par Yahama MT09, 1 par un livre, 1 par un Colt Remington de 1875, 1 par coup de poing et 1 par hache interposée. Non, ce n’est pas l’ouvreuse qui a fait la comptabilité (elle était bien trop occupée à râler), mais un certain George Hatzis, qui se fait un malin plaisir à comptabiliser les victimes des grands tueurs au cinéma. Marie-Amandine ne sait pas vraiment si le compte est bon, mais elle peut vous garantir que ça hécatombe comme des mouches.

John Wick: Un homme et deux de ses nombreuses victimes / © Lionsgate 2019

UN film comme ça, ça va. Deux, ça passe encore. Mais trois…bonjour les dégâts. John Wick 3 – Parabellum, c’est vraiment l’aboutissement de l’abrutissement total à l’américaine. Plus besoin de trame narrative, du moment que les cadavres s’accumulent, que les couteaux rentrent dans les yeux, que les épées transpercent les crânes et que les os soient broyés avec des bruits affreux en Dolby. On est vraiment arrivé au degré Zéro de l’amusement à l’américaine : Je tue, donc je suis ! Et dire que cette apocalypse de tueries interminables n’est interdite qu’aux moins de 16 ans – ce qui veut dire en pratique qu’un gosse de 12 ans accompagné par un parent ou un gardien adulte (mais irresponsable) a le droit de se taper cette inqualifiable ______ (insérez ici votre juron favori) sans le moindre filtre. L’ouvreuse n’est pas de celles qui prônent que la violence au ciné incite la violence dans la vraie vie et elle n’est certainement pas friande de censure, mais il ne faut pas blaguer non plus : Une stricte interdiction aux moins de 18 ans serait tout à fait de mise pour ce jeu de massacre. Cela dit, toutes proportions gardées, les morts par cheval interposé sont assez rigolotes.

X-Men: Dark Phoenix…interminable / © 20th Century Fox 2019.

Ah oui, l’autre film !  X-Men : DARK PHOENIX est juste chiant et répétitif à mort. Même si les producteurs ont remanié la fin in extremis, tout cela ressemble comme une goutte d’eau à toutes ces autres dégoulinades de super-héros plus ou moins efficaces. Une chose est sûre, l’ouvreuse ne perdra plus jamais son temps, ni chez John Wick, ni chez les X-Men, qui sont aussi des X-WoMen. À 66 ans, on a d’autres chevaux à fouetter…

Marie-Amandine
Essentiellement superflue