Si l'ouvreuse vous dit qu’elle vient de voir la comédie romantique américaine la plus romantique et la plus drôle depuis Pretty Woman, vous allez sans doute appeler l'asile. Et pourtant…

Qu’on se le dise de suite: ce billet très doux n’est pas destiné aux critiques pince-sans-rire, aux cinéphiles intellos constamment perchés sur leur intellect, aux éternels bien-pensants qui s’offusquent de tout, aux politiquement corrects, aux adeptes de Me Too, aux culs-bénits, aux groupies de Trump, aux spectateurs de Fox News, aux cons et à tous ceux qui sont convaincus que la masturbation (pas l’intellectuelle, l’autre) est un péché mortel pire qu’un avortement. Voilà une bonne chose de dite.

Charlize Theron n’a jamais été plus belle. / © Photos : droits réservés

Quand Marie-Amandine s’est tapée Long Shot de Jonathan Levine, mercredi à Kinechantier Kirchberg, elle était déjà en mode vacances, puisqu'au moment où vous lirez ces lignes, elle sera en train de roupiller à bord d’un 747 en route vers Singapour, où elle résidera à l’hôtel vu récemment dans Crazy Rich Asians.

Elle avait choisi le film pour deux raisons: 1) elle n’avait aucune envie de se faire chier juste avant les vacances, 2) le nouveau film d’Almodovar ne passait pas encore. Au bout de quelques minutes de projection, l’ouvreuse a commencé à se sentir bien dans sa peau, sourires d’abord, petites rigolades, gros éclats de rire, puis fou-rires répétés. Oh, les cons, ils ont osé, et encore, et encore, ils osent vraiment tout. Ils n’ont vraiment pas froid aux yeux de nous fourguer tout ça, sans jamais se poser la question si le spectateur est prêt à gober ces énormités.

Dieu du Ciel, Christian Spielmann et Marie-Amandine se sont fendu la gueule. L’un derrière l’autre, premier et deuxième rang, rigolant comme des dingues aux mêmes blagues. Ce n’est jamais arrivé, je vous dis. Et l’ouvreuse n’avait même pas honte, tellement ce film anti-Trump (ou plutôt anti mouise Trump) lui a fait du bien.

Seth Rogen…plus naze tu meurs! /

Tout est très crédible dans Long Shot: Un bon journaliste fort en gueule et très farfelu (Seth Rogen) démissionne quand un magnat de la presse plus fasciste que Murdoch reprend son canard. Une ministre des affaires étrangères très belle et plus engagée que Jean Asselborn (Charlize Theron, sans moustache) a l’ambition de devenir la première femme présidente des États-Unis.  Un président actuel qui ne veut pas d’un deuxième mandat, il a l’ambition de faire du cinéma. La ministre et future présidente engage le journaliste déchu pour écrire ses discours, il s’avère qu’elle était son baby-sitter dans le temps. Ses manières de cochon, son physique ingrat, son franc-parler et ses tenues vestimentaires grunge ne sont pas trop bien vus dans les couloirs du pouvoir américain et international…et pourtant…et pourtant…le courant semble passer entre la Belle et le Bête, envers et contre tous. Mais les forces du Mal ne l’entendent pas de cette oreille…

Réunion de crise. /

Par les temps qui courent en Amérique, faire un film qui tourne l’entourage du Président actuel et ses complices médiatiques en bourrique est un risque financier certain, mais les producteurs de Long Shot (dont Charlize Theron elle-même) ont osé le coup et l’ouvreuse s’en voit ravie. Bien entendu que le nom de Trump n’est jamais évoqué et le président dans le film ne ressemble en rien à l’idiot orange (il est encore plus débile que l’autre), mais on sent que le climat actuel en Amérique est la première cible d’un film qui tire également à boulets rouges sur la presse amie du pouvoir, une presse aussi fascisante que misogyne, pour qui le corps d’une femme est la cible préférée lorsqu’il s’agit de la traîner dans la boue. Mais pour une fois, ces salopards se trouvent confrontés à plus fort qu’eux et ils en prennent plein la poire pour pas un rond. Comme évoqué plus haut, tout est très crédible dans Long Shot.

Drôle de “couple” ? /

Sans vouloir comparer l’incomparable, disons que l’humour déjanté de Long Shot a évoqué chez l’ouvreuse des souvenirs de comédies outrancières comme Dr. Strangelove de Stanley Kubrick, One Two Three de Billy Wilder, There’s something about Mary des Frères Farrelly, Porky’s de Bob Clark, et Pretty Woman de Garry Marshall.  Non, elle ne dit pas que Jonathan Levine est un nouveau Wilder ou un nouveau Kubrick, elle dit juste que leur sens de l’humour et de la dérision se valent. Pour le reste, si vous êtes grincheux, restez chez vous et regardez Game of Thrones ! Il paraît qu’il y a des dragons…

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Marie-Amandine
Rigole comme un gamine