Spoiler n'est pas un mot français, mais universel… du moins depuis la sortie de "Avengers: Endgame", le film qui est en train de pulvériser tous les records d'affluence dans le monde.

"Spoiler" veut dire plus ou moins "gâcher" ou même "détruire", détruire le plaisir des autres de découvrir un nouveau film en étant aussi "vierge" que possible, c’est-à-dire connaître le moins possible de détails du film avant la projection. Les Québécois, qui ne sont pas avares en inventions linguistiques pour éviter d'utiliser des mots anglais disent "divulgâcher" - ça dit bien ce que ça veut dire.

Hélas, et c’est une fois de plus la faute à Internet, il y existe désormais – partout dans le monde – des énergumènes, pour ne pas dire des connards, qui se font un malin plaisir à révéler, soit par écrit, soit d’une voix très forte, un maximum de détails que l'on n’est pas censé connaître avant de voir le film. En ce qui concerne l'ouvreuse, cette nouvelle forme de goujaterie mesquine mériterait au minimum une castration sur la place publique, puisque dans la majorité des cas, ces énergumènes opérés du cerveau sont des mecs. Et là, Marie-Amandine est encore gentille. Enduire de goudron et couvrir de plumes d'oie serait une autre solution, un peu moins radicale.

Avant la sortie de Avengers: Endgame, les réalisateurs, les producteurs et même Marvel avaient demandé au public de ne pas révéler ce qui arrive dans le film, surtout en ce qui concerne les différents super-héros, dont le sort sera réglé (peut-être une fois pour toutes) à la fin du film. Demande raisonnable, bien sûr, mais également invitation aux trolls lobotomisés de sortir de leurs trous à merde pour faire exactement ce qu'on leur avait demandé de ne pas faire.

Mais il y a aussi eu un retour de manivelle, puisqu'on a pu lire qu'un mec, qui s’était installé devant un cinéma pour tout révéler aux gens faisant la file, s'est fait tabasser illico presto par plusieurs cinéphiles furieux. Gageons qu'il ne le fera plus. La même punition est également tombée comme la foudre sur un écolier dans une cour d’école aux USA, puisque ses camarades ne l’ont pas raté. Cela s’appelle instant karma chez les Anglo-Saxons.

Psycho / © Universal Pictures

Bien sûr, il y a aussi des gens qui exagèrent, en demandant aux critiques ou à leurs amis de ne pas leur dire s’ils ont aimé le film, cela détruirait leur virginité. Les critiques de cinéma qui ont parlé en détail du film, en précisant bien au début de leurs articles qu’il y a avait des "spoilers" (c'est ce que l'on fait d'habitude en tant que journaliste), ce sont également fait traiter de tous les noms. La simple idée de ne pas lire une critique avant de voir le film n'est évidemment pas venue à ceux qui s'offusquent qu’un critique fasse son métier. Certaines gens devraient être enfermés dans un asile… et l'ouvreuse ira jeter la clé.

ATTENTION SPOILER

En fait, pour les punir, Marie-Amandine y va de ses propres spoilers. Et pas uniquement pour les Avengers. Donc, ne lisez plus ce qui suit, parce que cela risque de vous donner des crises cardiaques.

Citizen Kane / © RKO Films

Dans la grande bataille à la fin de Avengers: Endgame, Superjhemp ne fait pas partie de la horde des super-héros qui cassent la figure au grand méchant vilain. Dans Citizen Kane d’Orson Welles, "Rosebud" est le nom du traîneau de Kane (mais entre-nous, "Rosebud" était aussi le nom que William Randolph Hearst donnait au clitoris de sa maîtresse, l'actrice Marion Davies).

Soylent Green (Soleil vert) / © Metro Goldwyn Mayer

Dans Psychose d’Alfred Hitchcock, c'est en vérité Norman Bates qui est sa mère. Dans Soylent Green/Soleil Vert de Richard Fleischer, les biscottes de protéines consommés par les gens est fabriqué à partir des dépouilles mortelles d’autres gens. Soylent Green is people! Et dans La Planète des Singes, Charlton Heston découvre dans le dernier plan du film qu’il n’a jamais quitté la Terre. Maintenant, vous savez tout. Ou presque!

Amour / © Les Films du Losange

Finalement, dans Amour de Michael Haneke, Jean-Louis Trintignant étouffe sa femme. C’est un moment d’une très grande émotion qui arrive par surprise. Et c’était justement ce moment-là que la critique du Tageblatt avait jadis révélé dans la toute première phrase de sa critique. Imaginez donc la colère de Marie-Amandine. Une colère qui avait valu à Janina un sacré coup de tisonnier de la part de l’ouvreuse. Amplement mérité!

Marie-Amandine, Spoileuse