Mélange d'action et de jeu de rôle dans un monde ouvert, Elden Ring est bien le jeu vidéo que beaucoup de fans de dark fantasy attendaient.

Sorti le 25 février dernier, Elden Ring a récolté la note de 96/100 sur Metacritic, un site qui rassemble les notes des tests du monde entier. Rarement un jeu vidéo n'avait remporté un tel succès critique. Les autres à batailler dans la même arène se nomment par exemple The Legend of Zelda: Ocarina of Time (Nintendo 64, en 1998), Grand Theft Auto IV (PS3, Xbox 360, en 2008) ou le plus récent Red Dead Redemption 2 (PS4, Xbox One, en 2018).

UNE MÉLANCOLIE SAISISSANTE

RTL

© FromSoftware

Comment l'expliquer ? D'abord, parce que son créateur FromSoftware est devenu un spécialiste des univers à la fois médiévaux, sombres et fantastiques. Le studio japonais a fait ses preuves avec la saga des Dark Souls (2011, 2014 et 2016) et des titres comme Bloodborne (2015) ou Sekiro : Shadows Die Twice (2019), tous acclamés par la critique et qui partagent tous la même exigence en matière de gameplay.

Cela peut être rebutant pour les débutants: les titres de FromSoftware contrastent avec les productions de leur époque en proposant une difficulté de tous les instants... même si Elden Ring, qui s'est ouvert les portes du monde ouvert, permet une montée en niveaux adapté à tous les joueurs. Il suffit d'écumer les terres désolées de l'Entre-terre, de vaincre des ennemis, de suivre des quêtes, de prendre de l'expérience et de se montrer aussi patient que persévérant, pour se rendre la tâche un peu moins ardue.

Mais les boss sont redoutables et il faut tout de même bien analyser leurs mouvements pour ne pas finir avec une hache au milieu du crâne. C'est là aussi une marque de fabrique du studio japonais: les attaques des ennemis jouent souvent sur les contre-temps ou les accélérations, et demandent donc un bonne science du timing. Mourir (souvent) et perdre ses runes (une sorte de monnaie) fait partie du jeu.

Concernant l'ambiance générale du titre, on n'a pas souvent ressenti un sentiment de mélancolie aussi fort que dans cet univers. Même les ennemis semblent parfois en plein désespoir: il n'est pas rare de surprendre un géant au bord d'une falaise, le regard plongé dans le vide ou une harpie dont le chant n'invite pas au plus grand optimisme qui soit. La bande originale, tantôt épique, tantôt sinistre, participe pleinement à cette ambiance de chaos, d'un monde à bout de souffle que l'ego de demi-dieux a totalement dévasté.

RIEN N'EST DONNÉ FACILEMENT

RTL

© FromSoftware

Ensuite, parce que George R. R. Martin, l'écrivain américain célèbre pour sa série littéraire du Throne de fer adaptée à la télévision avec Game of Thrones, a participé au scénario d'Elden Ring. Notamment en développant la mythologie du titre et certains personnages. Un gage de qualité qui s'ajoute à celle, extraordinaire, du Japonais Hidetaka Miyazaki, à l'origine des histoires des "Souls".

Cela donne ce monde brisé, l’Entre-terre, qui se cherche un nouveau Seigneur. Mais l'histoire ne se dévoile qu'en découvrant l'univers et en parlant avec les personnages croisés ci et là: comme souvent avec FromSoftware, rien n'est donné gratuitement. Si l'on s'en tient à ce qui nous est raconté au début du jeu, on pourrait croire, à tort, que le scenario n'est qu'accessoire.

Enfin, le jeu est d'une richesse folle. Son monde ouvert recèle de ruines, d'églises, d'objets, d'armes, de personnages, de dialogues et de redoutables ennemis à défier. Et si son monde est désolé, les détails et les effets de lumières le rendent magnifique au fur et à mesure qu'on le découvre.

Elden Ring (FromSoftware), jeu de rôle, sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One et PC via STEAM.

💖 On aime : le charisme des boss, l'ambiance mélancolique, le système de récompenses généreux.

💔 On aime moins : mourir coincé contre un mur, perdre une grande quantité de runes (en mourant), se prendre une flèche géante sortie de nul part dans le torse (et mourir).