Sortie début octobre, la Switch OLED de Nintendo est-elle bien la version améliorée du modèle original que les joueurs attendaient? Notre avis.

Quand on a pris en main la Switch OLED pour la première fois, on a eu la sensation de tenir une console plus grande que le modèle d'origine, sorti en 2017. Ce n'était qu'une impression: ce nouveau modèle n'est plus grand en largeur que de 3 millimètres, Joy-Cons compris (les manettes). Cela est dû à la taille de la console elle-même, soit le bloc écran, légèrement plus large car les manettes n'ont absolument pas changé à l'exception de leur nouveau coloris blanc (Nintendo indique un gabarit identique de 239 mm pour les deux modèles, mais notre mètre ruban est formel !).

Cette première impression s'explique surtout par la dimension de l'écran. Avec la Switch OLED, on passe à un écran de 7 pouces, soit 17,78 centimètres de diagonale, contre un écran de 6,2 pouces, soit 15,7 centimètres de diagonale sur le modèle précédent. Deux centimètres de plus, pour une console utilisée en mode portable, c'est tout sauf négligeable.

Comment l'écran a t-il pu gagner deux centimètres en diagonale (soit 1,6 centimètre en largeur) si la console ne s'est agrandie que de trois millimètres manettes en main ? C'est simple : la bande noire qui entoure l'écran de la Switch première du nom s'est rétrécie. Elle est passée de 1,2 à 0,5 centimètre en largeur et de 0,8 à 0,3 centimètre en hauteur. Difficile de faire mieux en conservant les proportions d'origine !

PLUS DE CONTRASTE...

De ce point de vue, la Switch OLED offre donc déjà une expérience de jeu plus confortable que sur le première modèle. Mais son point fort se trouve dans son nom: il s'agit de la technologie OLED qui se cache derrière son écran. Pour les moins avertis, rappelons que cette technologie garantit les meilleurs contrastes possibles avec des noirs les plus profonds qui soient. Pour cela, elle éteint purement et simplement les pixels en se passant du système à rétroéclairage employé par les écrans LCD, lesquels ne peuvent proposer des noirs aussi parfaits. L'autre avantage de l'OLED est d'être plus réactif, donc de s'adapter beaucoup plus vite à l'action d'un jeu vidéo.

C'est assez flagrant quand on a les deux modèles sous les yeux: éteint, l'écran de la Switch OLED est déjà plus sombre que celui du modèle de base. En jeu, il n'y a pas de surprise: le contraste est meilleur sur cette nouvelle version de la console hybride de Nintendo. Quant à sa prétendue meilleure réactivité, elle se mesure surtout sur des jeux où l'action est soutenue. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si Nintendo a sorti un titre tel que Metroid Dread en même temps que sa console "améliorée"...

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© Raphaël Ferber / RTL 5minutes

...MAIS UNE DÉFINITION QUI N'ÉVOLUE PAS

Il faut néanmoins noter que la définition de l'écran est toujours de 1280x720, ce qui correspond à la norme HD Ready, là où des smartphones affichent en 2021 une résolution qui surclasse la norme Full HD (soit plus que 1920x1080 pixels). Cette Switch OLED n'est donc pas encore la Switch "Pro" que beaucoup de joueurs attendaient. Utilisée en mode "dockée", soit reliée à l'écran de la télé, elle ne propose presque rien de plus que sa prédécesseuse. La nouvelle station d'accueil est simplement dotée d'un port Ethernet qui permet de se connecter à Internet en filaire, pour profiter d'un meilleur débit.

Pour le reste, on est toujours sur une résolution qui plafonne à 1920x1080 sur un écran de télévision (Full HD). Pour rappel, la définition de la 4K est de 3840x2160 pixels. C'est donc loin des résolutions proposées par la PS5 de Sony et la Xbox Series X de Microsoft, capables d'afficher de la 8K (7680x4320), même si Nintendo a toujours assumé de ne pas participer à cette course à la performance.

Enfin, deux points ont retenu notre attention. Le premier concerne la mémoire interne, qui a doublé de volume en passant de 32 à 64 Go. Bien sûr, les gros joueurs auront toujours besoin d'y associer une carte mémoire pour stocker plus de jeux, mais le gain de place est appréciable. Le deuxième concerne le support situé à l'arrière de la console et qui permet de la poser sur une table. Il fait toute la largeur de l'écran, est réglable et est plus solide que la petite languette (fragile) du modèle d'origine: ça n'a l'air de rien, mais on ne craint plus de voir la console basculer en arrière ou sur le côté. Le son de la console a été amélioré d'après Nintendo, mais nos oreilles ont manqué de sensibilité pour le mesurer véritablement...

NOTRE VERDICT

Cette Switch OLED vaut surtout le coup pour son écran. Plus grand, il offre un contraste de meilleure qualité que la Switch sortie en 2017. Pour 50€ de différence (la Switch coûte environ 270€ aujourd'hui et la Switch OLED se trouve à environ 320€), les joueurs ne possédant pas encore la console de Nintendo n'ont pas beaucoup de questions à se poser: le modèle OLED s'impose.

En revanche, pour ceux possédant déjà le modèle de 2017, la question se pose vraiment en fonction de sa fréquence d'utilisation. Seuls les joueurs perfectionnistes seront prêts à perdre quelques dizaines d'euros en se séparant de leur console d'origine pour s'offrir ce nouveau modèle OLED.