"Flight Simulator", créé par le studio bordelais Asobo, a reçu le "Pégase" du meilleur jeu vidéo français de l'année, mercredi soir.

Le studio bordelais Asobo, déjà récompensé l'an passé, a reçu mercredi le "Pégase" du meilleur jeu vidéo français de l'année pour "Flight Simulator", lors d'une cérémonie se voulant le pendant des César du cinéma.

Le simulateur de vol, qui faisait son retour après quatorze années d'absence et a été salué par la critique, a aussi été distingué pour son "excellence visuelle", à l'occasion de la deuxième édition de ces prix.

Loué pour son réalisme, il permet de vivre sur ordinateur des sensations au plus proche d'une véritable expérience de pilotage, en prenant le manche d'appareils tels que le petit Mudry Cap 10, le Boeing 787 ou l'Airbus A320neo.

En 2020, c'est un autre titre d'Asobo, "A Plague Tale: Innocence", un conte sur la peste, qui avait reçu la consécration suprême.

"C'est la deuxième année de suite qu'on a la chance d'avoir le prix du jeu de l'année, c'est extraordinaire", s'est réjoui Martial Bossard, cofondateur du studio créé en 2002.

Contexte sanitaire oblige, les différentes distinctions ont été remises à distance, à l'exception de deux prix: celui de la personnalité de l'année, revenu au streamer ZeratoR qui organise depuis 2017 un marathon de jeux vidéo à but caritatif, et un "Pégase d'honneur" décerné à Eric Chahi.

Ce dernier, à l'origine de titres comme "Another World" au début des années 90 ou "Paper Beast" en 2020, a reçu son prix des mains de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.

"Je suis la ministre des jeux vidéo. Le jeu vidéo est une expression culturelle majeure, il a donc toute sa place au ministère de la Culture", a déclaré Mme Bachelot, relevant que les pouvoirs publics étaient mobilisés pour soutenir le secteur en France à travers diverses aides.

"80% des nominés ce soir ont reçu une aide de la part de l'Etat, du ministère de la Culture, par le biais de son opérateur, le Centre national du cinéma. (...) Nous voulons aller plus loin", a-t-elle ajouté.

Mme Bachelot a ainsi expliqué avoir demandé à la banque publique d'investissement Bpifrance et au CNC "de faire un accélérateur pour que les dirigeants des entreprises de jeu vidéo puissent se développer de la meilleure façon, en particulier à l'international".

Visiblement ému par la remise de son prix, Eric Chahi a souligné que son "ADN est d'innover" et il a remercié les joueurs "d'avoir plongé" dans les univers qu'il a créés.

"Ce prix est un encouragement pour continuer, pour défricher, déplier, de nouveaux horizons", a-t-il poursuivi.

Quelque 1500 membres de l'Académie des arts et techniques du jeu vidéo, créée en 2019, ont eu à se prononcer sur les jeux vidéo réalisés en France et sortis en 2020.

Trois catégories récompensaient également des titres étrangers. Le jeu de plateformes "Ori and the Will of the Wisps" des Autrichiens de Moon Studios a obtenu le "Pégase" de la meilleure production non française.

"Les "Pégases" viennent consacrer la pratique du jeu vidéo en France, avec plus de deux tiers des Français qui jouent de façon occasionnelle et la moitié qui joue régulièrement", a fait valoir auprès de l'AFP Julien Villedieu, délégué général du Syndicat national du jeu vidéo, à l'origine de la cérémonie.

Cette dernière s'est tenue alors que le secteur vient de connaître une année 2020 faste, lors de laquelle il a largement profité des périodes de confinement qui ont contraint la population à rester à son domicile.

En France, son chiffre d'affaires a ainsi atteint 5,3 milliards d'euros l'an passé, soit une hausse de 11,3% par rapport à 2019.