Julien Laferrière, producteur du jeu vidéo Assassin's Creed Valhalla, a répondu aux questions de RTL 5minutes.

Sorti en novembre dernier sur toutes les plateformes du moment, Assassin's Creed Valhalla a battu un record: jamais un des 11 épisodes précédents de la franchise n'avait écoulé autant d'exemplaires lors de sa première semaine de commercialisation selon son créateur Ubisoft, qui se garde pourtant de révéler ses chiffres. Celui-ci a employé les grands moyens, alors qu'il a fallu traverser la crise du covid-19: Ubisoft Montréal, le studio principal, a ainsi travaillé avec 13 autres studios de la maison et un partenaire externe pour créer son jeu.

LE CHOIX DES VIKINGS

Après l'Egypte et la Grèce antique, époques dépeintes par les deux précédents opus Origins (2017) puis Odyssey (2019), Valhalla nous plonge dans l'ère Viking, période qui a inspiré les développeurs du studio de Montréal. "Les invasions vikings du IXe siècle ont marqué la naissance de l'Angleterre en tant que nation", s'explique le producteur du jeu Julien Laferrière, sollicité par RTL 5minutes. "Dans ce contexte, le jeu propose une exploration approfondie, intime et profondément personnelle de la vie des Vikings, de leur culture, de leurs valeurs et de leurs motivations."

Depuis le tout premier épisode sorti en 2007, Ubisoft s'attache en effet à effectuer un gros travail de recherche et de documentation historique pour donner vie aux épisodes de la franchise. Pour Assassin's Creed Valhalla, il a fallu "comprendre comment vivaient les Vikings, leurs us et coutumes, mais aussi leurs croyances et leurs manières de combattre" souligne le producteur. Ainsi, le jeu met en scène des batailles brutales mais pas seulement: il montre également comment fonctionnent les "systèmes de croyances scandinaves profondément ancrés" et met en lumière "une loyauté indéfectible envers le clan viking".

Le jeu permet entre autres de développer une communauté et un écosystème social, reflet du caractère du héros, un guerrier nommé Eivor. C'est avec cette colonie qu'il voyage de la Norvège vers l'Angleterre.

LE CHOIX DU SEXE: UNE NOUVELLE NORME?

Ce douzième épisode d'Assassin's Creed introduit pour la première fois le choix du sexe du personnage. Peut-on en déduire qu'il va devenir récurrent? Julien Laferrière ne répond pas clairement à la question, mais affirme que son équipe savait "dès le début de la conception du jeu" qu'elle voulait donner aux joueurs le choix du sexe. "Nous voulions que ce choix ait un sens dans la grande histoire. Lorsque vous jouez le jeu jusqu'à sa conclusion, toutes les pièces se mettent en place" précise t-il.

Dans le même ordre d'idée, il était "important pour le studio d'encourager les joueurs à se connecter avec Eivor, c'est pourquoi ils peuvent personnaliser un certain nombre d'options cosmétiques comme les cheveux, les tatouages, les vêtements, les peintures de guerre et l'équipement."

QUEL FUTUR POUR ASSASSIN'S CREED ?

Critiquée il y a cinq ans avec un épisode (Assassin's Creed Syndicate) jugé peu novateur voire brouillon par la presse spécialisée et une partie des joueurs, la série s'est largement renouvelée en 2017 avec Origins. Après avoir observé un break de deux ans, pas mal de choses ont ainsi été remises à plat, comme le système de combat ou une nouvelle orientation "jeu de rôle".

Depuis, alors qu'on avait droit à un nouvel opus à chaque rentrée entre 2008 et 2015, le rythme des sorties de chaque nouvel épisode s'est ralenti. Cela veut-il dire qu'il faudra au moins attendre 2022 pour voir un nouvel Assassin's Creed débarquer exclusivement sur les consoles next-gen ? Julien Laferrière ne répond pas vraiment à la question: "nous sommes pour le moment bien concentrés sur la sortie de Valhalla et sur la mise en marche de notre contenu post-launch (les futurs contenus additionnels, ndlr).

Difficile, donc, de savoir où le prochain épisode nous emmènera, même si l'on se doute que les équipes d'Ubisoft planchent déjà sur la prochaine aventure: chaque épisode nécessite entre 3 à 4 ans de travail. Une chose est sûre, l'univers se portera sur une période de l'histoire où les enjeux politiques, les valeurs de l'époque et les confrontations culturelles étaient suffisamment riches pour alimenter un nouveau scénario. "Notre choix s'est aussi toujours porté sur une civilisation ou un peuple jouant un rôle essentiel dans une période charnière de l’Histoire", rappelle le producteur. "C’est ce que nous recherchons en premier lorsque nous réfléchissons à la direction vers laquelle on veut emmener la série."