On a pu mettre la main sur la nouvelle console PlayStation 5 depuis une semaine. À la veille de sa sortie en Europe (19 novembre), voici notre avis.

La nouvelle PlayStation 5 n'est même pas encore sortie qu'elle constitue déjà un succès sur le plan commercial pour Sony. En seulement douze heures, la compagnie japonaise a enregistré autant de précommandes de PS5 aux États-Unis que de PS4 en douze semaines, en 2013. En Europe, c'est la même chose: la demande s'annonce très forte et les exemplaires disponibles en précommande ont été épuisés en un temps record. Il sera très compliqué d'acquérir la console ce jeudi 19 novembre, une semaine après sa sortie en Amérique du Nord, au Japon et en Australie, même si certaines chaines de magasins annoncent disposer d'un faible stock qu'elles mettront en ligne le jour J.

À la rédaction de RTL 5minutes, nous avons pu mettre la main sur la bête depuis plusieurs jours et nous faire une première idée de toutes ses qualités et ses défauts. Il s'agit de l'édition classique avec lecteur de disques Blu-Ray Ultra HD, vendue au tarif de 499€ (et non de la version digitale, à 399€). La PS5 peut afficher des résolutions allant jusqu'à 2160p (4K UHD) et à terme, Sony déverrouillera l'affichage en 8K via une mise à jour.

La naissance d'une PS5, encore enveloppée dans son emballage. Un moment émouvant. / © Raphaël Ferber/RTL 5Minutes

ULTRA-RAPIDE MAIS PETITE MÉMOIRE

La première bonne impression que nous fait la PS5 tient à sa rapidité, annoncée depuis plusieurs mois par son constructeur. Cela est dû à son disque SSD, 100 fois plus rapide que le disque dur de la PS4. Résultat, les jeux se lancent en un claquement de doigt même lorsqu'on passe d'un jeu à l'autre sans fermer sa session, les temps de chargement sont largement réduits (mais pas totalement inexistants, comme dans Godfall par exemple), ce qui améliore l'immersion, et la navigation dans les menus est ultra-fluide. Cela fait une différence même par rapport à la PS4 Pro, la version la plus performante de cette console aujourd'hui dépassée. À terme, la puissance de ce SSD permettra de développer des univers toujours plus vastes et complexes.

Mais ce disque SSD est à la fois sa grande force et sa faiblesse, au regard de sa très faible capacité pour une console amenée à faire tourner des jeux de plus en plus lourds. Cette capacité est de 825 Go sur le papier (même pour la version digitale), mais elle est limitée à 667 Go dans les faits puisque le système a besoin de 158 Go pour pouvoir fonctionner. Quand on sait qu'un jeu comme Call of Duty : Black Ops Cold War demande un peu plus de 200 Go d'espace libre (avec ses extensions), c'est franchement dérisoire. D'autant plus qu'il n'est pas possible, pour le moment, de stocker des jeux sur un disque externe, la console ne les reconnaissant pas encore (elle reconnaît en revanche les jeux PS4 d'un disque dur externe). C'est simple: nous avons pu installer sept jeux et notre disque SSD était aussi plein que notre ventre après une raclette un dimanche midi. C'est, à nos yeux, le plus gros point noir.

VISUELLEMENT, ON PASSE DANS UNE AUTRE DIMENSION

Sur le plan graphique, le bond en avant est assez considérable. Dans les jeux que nous avons pu tester (Godfall, Demon's Souls, COD: Black Ops Cold War, Assassin's Creed Valhalla, Dirt 5, NBA 2K21, Sackboy: A Big Adventure et Spider-Man: Miles Morales notamment), tout nous semble plus détaillé et plus fluide. La puissance de la console profite surtout aux effets de lumière et de réflexion, améliorant notamment le rendu de l'eau ou les jeux d'ombre et de lumière sur un bâtiment ou dans une pièce.

Devant notre écran, c'est du pur bonheur pour les yeux: on passe dans une autre dimension. Ceci est le résultat de l'utilisation du "ray-tracing", une technologie qui émule le comportement naturel des rayons lumineux dans le monde réel. Projetés sur la scène en temps réel, ces rayons se reflètent sur les différentes matières pour donner un environnement particulièrement naturel. Pour le moment, tous les jeux PS5, à l'image de Demon's Souls, n'utilisent pas cette technologie mais on peut imaginer sans trop se tromper qu'elle deviendra la norme dans un avenir proche pour tous les jeux de la console.

Sur un rétro-projecteur 4K et une image de 2,70 mètres de large, le résultat reste également très convaincant, même si un téléviseur restitue bien mieux la lumière, la netteté et le contraste.

LA MANETTE, UNE RÉUSSITE À TOUS LES NIVEAUX

On est également convaincu par la nouvelle manette DualSense, qui offre une prise en main impeccable même si les férus de jeux de tirs continueront de préférer des joystick asymétriques, comme ceux de la manette de la Xbox Series, de Microsoft, qui est la grande rivale de la PS5. La technologie du "retour haptique", qui permet de ressentir dans les mains les textures, les contacts et les mouvements de recul, nous a très agréablement surpris: les sensations sont plus précises et plus variées.

Dans les mains, on ressent la différence entre les petits pas discrets de notre personnage et les pas lourds d'un chevalier. Ces vibrations se sentent à différents endroits de la manette, parfois de gauche à droite et inversement, quand celles de la DualShock (la manette de la PS4) se concentraient surtout dans les deux "manches" et donc dans la paume des mains. On émet juste une réserve concernant la reproduction des textures au toucher: pour le moment, on n'a pas encore pu constater dans quelles mesures la manette pouvait nous faire ressentir ce genre de sensation. Les gâchettes peuvent enfin se "durcir", indépendamment l'une de l'autre, en fonction de l'action en jeu (comme lorsque l'on doit actionner un levier): là encore, le changement est plutôt épatant.

La manette DualSense offre de nouvelles sensations assez épatantes. / © Raphaël Ferber/RTL 5Minutes

On peut écarter les considérations esthétiques de la machine car on ne trouvera pas de consensus: le style de la PS5, dévoilé il y a déjà plusieurs mois, fait débat et continuera sans doute de le faire, plus qu'aucune autre console PlayStation jusqu'à présent. En la déballant, les réactions de notre entourage furent contrastées: soit on l'aime, soit on la déteste. Nous, on n'a rien contre son design d'autant plus que la coque blanche, facilement démontable, laisse espérer des possibilités de customisation et de changement de couleurs. On ne peut en revanche nier qu'il s'agit d'un beau bébé (4,5 kg, nous l'avons pesé!) et assez encombrant (39 cm, soit 10 cm de plus que la PS4). Ses courbes font qu'on ne peut la poser en position horizontale qu'avec l'aide d'un support en plastique rond fourni (15 cm de diamètre).

UN CATALOGUE DE JEUX SÉDUISANT

Terminons par un tour d'horizon des jeux disponibles à la sortie de la console, ce jeudi 19 novembre. Le line-up est plutôt intéressant et va s'enrichir dans les mois qui viennent. Demon’s Souls est certainement la meilleure exclus PS5, il est accompagné de Sackboy A Big Adventure et de Godfall (qui sera disponible sur Xbox Series dans 6 mois). Exclusif à PlayStation et sorti sur PS4, Spider-Man Miles Morales bénéficie déjà d'une mise à jour gratuite vers la PS5.

D'autres titres concoctés par des éditeurs tiers sont d'ores et déjà disponibles sur PS5: l'excellent Assassin’s Creed Valhalla, Call of Duty: Black Ops Cold War, Dirt 5, NBA 2K21, Mortal Kombat 11 Ultimate Edition ou Watch Dogs Legion pour ne citer qu'eux.

2021 sera marqué par la sortie de nouvelles exclusivités majeures pour la PS5 comme Final Fantasy 16, Gran Turismo 7, Horizon Forbidden West et Ratchet & Clank: Rift Apart, qui paraissent toutes très solides dans des genres très différents. Bref, si la période que nous traversons depuis mars dernier est des plus pénibles, une chose est sûre, les amateurs de jeux vidéo ne risquent vraiment pas de s'ennuyer dans les semaines à venir.

On aime : 
+ Sa rapidité en jeu et dans les menus
+ Particulièrement silencieuse
+ La manette, une réussite à tous les niveaux
+ La rétrocompatibilité avec la plupart des jeux PS4

On n'aime pas : 
- La capacité de stockage très faible
- L'impossibilité de stocker des jeux sur un disque dur externe
- Sa taille, très encombrante
- Le prix des jeux exclusifs, autour de 80€