Sorti en juin, le jeu vidéo de Naughty Dog est la digne suite du premier épisode, considéré comme un chef d'œuvre.

L'heure du bilan n'a pas encore tout à fait sonné pour les consoles de la génération actuelle. La PS4 et la Xbox One réservent sans doute encore l'une ou l'autre (bonne) surprise d'ici la fin de l'année, moment où elles seront remplacées par des machines toujours plus puissantes. Pas besoin, néanmoins, d'attendre qu'elles rendent leur dernier souffle pour affirmer que certains titres auront marqué leur époque au fer rouge.

Attendue de pied ferme par toute une communauté de fans depuis 2013 et la fin des événements du premier épisode, The Last of Us Part. II est sorti en juin dernier. Les aventures de Joël, un père accablé par la mort de sa fille, et Ellie, une jeune ado immunisée contre une pandémie qui ravage les Etats-Unis, ont captivé des millions de joueurs. Selon Naughty Dog, le studio américain à l'origine de ce que beaucoup considèrent comme un chef d'œuvre vidéoludique, 17 millions d'exemplaires du jeu se sont écoulés à travers le monde, toutes versions confondues.

Dans cette suite, le cordyceps, le champignon à l'origine de la pandémie, est toujours présent. Nous sommes en 2037, quatre années ont passé, Ellie est désormais une jeune adulte. Les infectés errent dans les villes désertées, recouvertes de verdure et la rivalité entre les clans de survivants a pris une nouvelle dimension. Si la violence a toujours fait partie de ce nouveau monde, elle ronge beaucoup plus les rapports humains que seule une idylle ou quelques instants de poésie viennent apaiser.

On ne prend aucun risque à dire que ce deuxième épisode de The Last of Us, et l'œuvre d'une manière générale, se hisse au rang des tous meilleurs jeux vidéo auxquels on a eu le plaisir de jouer. Les chiffres continuent d'ailleurs de s'affoler: le titre a dépassé les 4 millions de ventes en seulement 72 heures. Ce nouveau succès, il le doit notamment à un duo, Neil Druckmann, réalisateur qui a fait ses preuves avec la saga Uncharted, et Halley Gross, scénariste, qui a écrit quelques épisodes de la série télévisée Westworld.

On a rarement atteint un tel degré de maturité dans les échanges entre les personnages, les liens qui les unissent ou le déroulement d'un scénario ponctué de moments forts, tragiques, mélancoliques et abordant des thématiques contemporaines. Certains parti-pris sont forts au risque de déplaire, chose plutôt rare dans l'univers du jeu vidéo qui veut séduire un maximum de joueurs.

Depuis le premier épisode, le gameplay s'est enrichi et les cinématiques se fondent parmi les phases d'action. On a l'habitude, ces derniers temps, de jouer à des jeux sublimes sur le plan graphique. Mais on sent que les consoles actuelles, et donc la PS4 qui profite de cette exclusivité (Naughty Dog est un studio appartenant à Sony), donnent tout ce qu'elles ont dans le ventre. Avec The Last of Us Part. II, on se surprend encore à s'arrêter de jouer pour admirer des rayons de lumières traversant les rideaux rouges d'un salon abandonné ou la végétation qui a pris possession des lieux. Les boiseries d'un meuble, un tableau accroché au mur, un pot de crayons de couleurs posé sur un bureau: le niveau de détails semble solliciter les ultimes ressources de la machine.

Tant sur le fond que sur la forme, si l'on se concentre uniquement sur les jeux d'aventure, le titre est à ranger aux côtés d'un Red Dead Redemption 2, voire d'un Uncharted 4 : A Thief's End, dernier épisode en date d'une franchise créée par le même studio: Naughty Dog. Si l'on élargit aux jeux en monde ouvert, on peut également citer The Witcher III ou Horizon Zero Dawn, en attendant la sortie du très prometteur Cyberpunk 2077 (novembre 2020). Mais avec cette suite magistrale, "TLOU" a marqué un peu plus fort encore l'histoire du jeu vidéo.