Les jeux vidéo n'ont jamais eu autant d'importance dans la vie quotidienne de millions de personnes. Alors, jusqu'au retour à l'école, on vous en présente un chaque jour.

Derrière les deux bonnes bouilles des deux frères Cuphead et Mugman -ces deux personnages à tête de tasse- se cache un désir sadique de nous en faire baver. Ce jeu est en effet réservé à ceux et celles qui savent contrôler leurs nerfs car on meurt souvent, et c'est d'ailleurs en tombant dans ces nombreux pièges que l'on apprend à les éviter. C'est un peu le principe des "die & retry" (mourrir et recommencer), bien plus fréquents dans les années 80 qu'aujourd'hui.

Créé par deux frères canadiens, Chad et Jared Moldenhauer, qui ont tout plaqué pour rejoindre le studio de création MDHR, Cuphead est d'abord sorti sur PC et Xbox One en 2017, avant d'être adapté sur la Switch l'an dernier et bénéficie enfin de sous-titres français. Après sept années de développement, le titre, qui a d'abord été disponible en téléchargement, a dépassé la barre des cinq millions de copies vendues. Ce succès s'explique par le charme extraordinaire et singulier qu'il dégage, en nous faisant plonger dans les nombreux dessins animés des années 30 comme ceux du studio américain Fleischer (crée, aussi, par des frères: Dave et Max). De cette époque, on retient notamment les personnages de Betty Boop, Koko le clown, Bimbo ou Pudgy, lesquels jouaient des coudes avec ceux de Disney, notamment de Silly Symphonies, puis ceux de Warner avec sa célèbre série Looney Tunes.

© Studio MDHR

C'est ce style graphique des anciens dessins animés faits au rotographe que l'on retrouve dans Cuphead: les effets visuels et audio ont été créés avec la même technique qu’à cette époque, c’est-à-dire des dessins animés faits à la main sur Celluloïde, des arrière-plans d'aquarelle et des enregistrements sonores de jazz originaux. Cela donne une ambiance unique, jamais vue dans le jeu vidéo.

Mais si Cuphead fleure bon la nostalgie, c'est aussi parce qu'il redonne ses lettres de noblesse à un genre qui a quasiment disparu avec les bornes d'arcade: celui du "run-and-gun", où un personnage se déplace tout en shootant frénétiquement ses ennemis, un peu comme Metal Slug ou Megaman. Ce n'est néanmoins qu'un aspect du jeu, qui verse dans le jeu de shoot classique à bord d'un avion et les combats de boss (à l'origine, Cuphead ne devait d'ailleurs être que ça: des combats de boss).

Mélange de jeu de plate-forme, de shoot et de combat, le titre s'avère extrèmement exigeant en dépit de ce style cartoon qui invite à la rigolade (nos deux personnages agissent pour le compte du diable, après une partie de dés qui a mal tourné): il faut être rapide, précis, rigoureux et persévérant pour venir à bout des boss, dont il faut identifier les points faibles.

Les créateurs de ce jeu indépendant peuvent en tout cas se réjouir: cette plongée dans les dessins animées des années 30 a donné des idées à Netflix, qui va en produire une série.

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