Happy end pour Sean Penn : la projection de son dernier film, "Flag Day", où il joue aux côtés de sa propre fille Dylan, a été applaudie pendant plusieurs minutes en projection de gala à Cannes.

La star américaine, 60 ans, assistait à la projection de ce film, en lice pour la Palme d'Or, dont le tournage fut une affaire de famille : sa fille, présente à ses côtés à Cannes, son fils également, Hopper Jack Penn, et lui même dans le rôle principal, ce qui est la première fois dans l'un de ses films.

"On a fait confiance au scénario, avec une histoire qui pouvait nous surprendre et qui on l'espère aussi surprendra le public", avait déclaré Sean Penn à son arrivée sur le tapis rouge, avant la projection.

D'une facture classique, voire conventionnelle, mais interprété avec justesse, le film est tiré d'une histoire vraie, celle d'un père, John Vogel (Sean Penn), qui vit de petits larcins et n'a pas réussi à s'occuper de l'éducation de ses enfants.

Touchant, parfois pathétique, il s'escrime à vouloir maintenir les apparences d'une vie réussie devant ses enfants, mais est fatalement rattrapé par son passé, comme ces créanciers qui viennent le menacer devant sa fille. Cette dernière (Dylan Penn), va tenter de se construire malgré tout, et tout faire pour retisser la relation avec son père.

Le film se déroule des années 1970 aux années 1990, et l'acteur légendaire, qui a tourné aussi bien avec Clint Eastwood ("Mystic River" qui lui vaut un Oscar), Terrence Malick ("La ligne rouge") ou Gus Van Sant ("Harvey Milk", deuxième statuette), a été rajeuni numériquement pour la moitié des scènes.

Sean Penn entretient une longue histoire avec le festival: présent pour la première fois en compétition il y a un quart de siècle, comme interprète, avec "She's so lovely" de Nick Cassavetes, il s'agit de sa troisième participation à la course à la Palme d'Or en tant que réalisateur.

DENEUVE DE RETOUR

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Catherine Deneuve à Cannes le 10 juillet 2021 / © AFP

Sa précédente tentative s'était soldée par un échec cuisant, avec "The Last Face", il y a cinq ans. Rires, malaise lors de la projection de presse et critiques assassines sur le mélange des genres... Le réalisateur avait ce jour-là lui-même reconnu s'être "pris une raclée à Cannes".

L'enfant de la balle, né en Californie et qui a su rencontrer le succès critique et public avec un film comme "Into the Wild", quête initiatique et solidaire dans les grands espaces, n'est pas la seule star à avoir brillé sur le tapis rouge en ce cinquième jour du Festival de Cannes.

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Pio Marmai, Catherine Corsini, Marina Fois et Valeria Bruni Tedeschi au festival de Cannes le 10 juillet 2021 / © AFP

L'a précédé sur les marches une autre légende du cinéma, Catherine Deneuve, 77 ans, qui fait son retour un an et demi après un accident vasculaire et cinquante-sept ans après son baptême cannois pour "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy (1964), qui avait obtenu la Palme d'or. "Je suis contente que Cannes et le cinéma aient pu reprendre comme avant, c’est vraiment émouvant pour moi", a-t-elle lancé.

Habituée du Festival - sa dernière apparition remonte à 2019 lorsqu'elle a remis la Palme d'or au Sud-Coréen Bong Joon-ho pour son film "Parasite" - l'iconique actrice française aux 140 films est à l'affiche du film d'Emmanuelle Bercot "De son vivant", hors compétition.

Le Covid-19 s'est également rappelé aux festivaliers samedi : l'actrice Léa Seydoux l'une des stars de cette compétition (elle est dans trois films, dont celui très attendu de Wes Anderson), pourrait ne pas venir à Cannes après avoir été testée positive.

"Il n'y a pas de cluster cannois", a en outre tenu à préciser le délégué général du Festival Thierry Frémaux, voulant faire taire des "rumeurs" à ce sujet. "Hier, on a fait plus de 3.000 tests et zéro cas positif". Après la diffusion jeudi sur les réseaux sociaux de photos montrant des spectateurs ne portant pas de masque, il avait déjà rappelé les festivaliers à l'ordre, et un message enregistré est désormais également diffusé à chaque début de projection.