Après trois mois de fermeture, les cinémas luxembourgeois reprennent leur activité ce mercredi. Interview avec Christophe Eyssartier, responsable de Kinepolis Luxembourg.

Monsieur Eyssartier, comment se sont passés les trois mois de fermeture? 
"Dès le premier jour de fermeture, on a réfléchi à la réouverture, pour l'ensemble du groupe Kinepolis au niveau mondial et en concertation avec les autres réseaux locaux (CDAC et Caramba) au niveau luxembourgeois. Il nous fallait réfléchir à comment rouvrir en offrant la sécurité à nos clients et nos collaborateurs.
Pendant la période de confinement, il était aussi important de garder le lien avec les collaborateurs et avec les clients pour les tenir informé de nos réflexions.

Les salles rouvrent donc ce mercredi. Qu'est-ce cela suppose pour les équipes?
"On a organisé une journée de formation et information samedi dernier pour que tout le monde soit au fait des mesures qui sont prises à leur égard. On les a aussi amené à suivre tout le parcours client en les mettant en situation avec un jeu de rôles. Cela permet de se préparer aux différentes situations et d'anticiper les questions des clients.

Et pour les clients. À quoi doivent-ils s'attendre?
"On a déjà beaucoup communiqué sur les mesures mises en place. Le premier élément est dans le contrôle des flux, pour faire en sorte qu'il n'y a pas trop de monde au même moment. On incite les clients à acheter leurs tickets à l'avance, même si la vente sur place est toujours possible, uniquement par carte bancaire. 
On a également revu le rythme de programmation pour éviter que tout commence et finisse à la même heure et donc réduire les flux. Il y aura donc moins de séances. 
Bien sûr, les gestes barrières sont à respecter, notamment le port du masque dans tous les déplacements.

Comment ça se passe dans la salle?
"Jusqu'au moment d'être assis, il faudra porter le masque. Les clients se verront attribuer des places, avec une rangée et trois sièges libres entre chaque spectateur, sauf ceux d'une même maison.

Vous perdez donc beaucoup de place?
"On ne peut pas tout à fait anticiper la baisse du nombre de sièges, mais on pense qu'on sera à 30% de la capacité des salles. Ce sera sans doute provisoire, on verra comment évoluent les règles dans les semaines à venir.

La vente de confiserie et boissons fait aussi partie de vos revenus essentiels. Comment cette offre évolue-t-elle? "On a adapté la gamme des produits vendus pour éviter les manipulations. Par exemple, les bonbons au poids ne sont pas disponibles pour l'instant. On offre aussi la possibilité d'acheter un menu snack et boisson à l'avance pour que les gens soient moins longtemps dans le shop. Et bien sûr, désinfection des surfaces, distanciation...

La question de la programmation se pose aussi. Quels sont les films qui pourront être montrés?
"Au début, il n'y aura pas énormément de nouveautés, parce que les sorties sont internationales et beaucoup de pays n'ont pas rouvert leurs salles. On en profite pour remettre des films à l'affiche qui ont été interrompu lors de la fermeture. Il y a quelques nouvelles sorties, notamment le film De Gaulle, le biopic sur le Général De Gaulle, avec  Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet, qui sort directement. Quelques grosses sorties sont annoncées comme Mulan, le 22 juillet, Tenet de Christopher Nolan sortira fin juillet, on a reprogrammé plusieurs films du réalisateur pour se remettre dans le bain.

Vous êtes confiant sur la fréquentation des salles cet été?
"Progressivement, les films vont sortir, pour tous les publics. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne partiront pas en vacances, ou moins longtemps et qui profiteront du cinéma. L'annulation de la Schueberfouer est aussi une opportunité d'offrir une alternative de loisir et détente.

Est-ce que vous avez chiffré le manque à gagner des mois de fermeture?
Au niveau mondial, tous les cinémas du groupe Kinepolis ont été fermés. Ça se chiffre en millions d'euros en perte de liquidités par mois de fermeture. En plus, il y a les investissements réalisés en matériel de protection et désinfection. C'est assez conséquent."