Le cinéma d'animation japonais est à l'honneur et le Luxembourg présente cinq films.

Plusieurs longs métrages, des courts métrages, des projets en cours: le Festival du film d'animation d'Annecy met à l'honneur cette année une production japonaise foisonnante.

Sur dix longs métrages en compétition cette année à Annecy, pas moins de trois viennent du Japon, deuxième acteur mondial de l'animation derrière les Etats-Unis.

Parmi eux, The Wonderland de Keiichi Hara, qui avait reçu le prix du jury en 2015 pour Miss Hokusai, et le touchant et créatif Ride your wave de Masaaki Yuasa, vainqueur du Cristal du long métrage en 2017 pour Lou et l'île aux sirènes, des auteurs qui comptent aujourd'hui.

Dans une section parallèle, le festival présente aussi Les enfants de la mer d'Ayumu Watanabe, un film d'une grande beauté graphique auquel ont œuvré plusieurs anciens collaborateurs de l'emblématique studio Ghibli, co-fondé en 1985 par le réalisateur oscarisé de légende Hayao Miyazaki.

Signe de l'influence toujours très importante du Studio Ghibli - alors qu'Hayao Miyazaki, 78 ans, n'a plus fait de long métrage depuis Le Vent se lève en 2013 -, le Studio Ponoc (Mary et la fleur de la sorcière), créé en 2015 par un ancien de Ghibli, Yoshiaki Nishimura, s'est vu aussi confier une place de choix à Annecy, où il a dévoilé en avant-première française un programme de courts métrages.

Le Festival du film d'animation d'Annecy met à l'honneur une production japonaise foisonnante, du 10 au 15 juin 2019 / © AFP

"Nous avons voulu créer quelque chose qui ferait perdurer l'esprit de Ghibli et son style d'animation", explique Yoshiaki Nishimura, dont le studio mêle animation dessinée à la main et techniques numériques. Il dit vouloir "faire face à de nouveaux défis" en expérimentant "une variété de styles et de techniques" à travers des courts métrages.

Car, relève le fondateur du studio Ponoc, l'animation japonaise "semble faire face peut-être à un manque de créativité, d'animateurs et de bonnes conditions de travail", autant de difficultés pointées du doigt dans le secteur, avec des cas de burn-out dans les équipes, des salaires souvent peu élevés, et une relève qui tarde parfois à arriver.

Pour Yoshiaki Nishimura, "c'est le résultat d'une accumulation de problèmes au cours des cinq ou dix dernières années", face auxquels un studio comme le sien s'efforce de "créer un environnement nouveau".

"Peut-être que le gros problème dans l'industrie de l'animation japonaise, c'est qu'il n'y a plus de jeunes animateurs", estime de son côté le réalisateur Keiichi Hara.

Ayumu Watanabe pointe, lui aussi, une forme de standardisation parfois de l'animation, avec notamment "de moins en moins d'animateurs qui sont capables de dessiner de façon satisfaisante à la main" et "une bipolarisation du marché, avec de grosses productions qui font appel à un nombre incroyable d'animateurs, et de l'autre côté, peut-être un peu plus de créativité mais beaucoup moins d'argent".

LE LUXEMBOURG TRÈS PRÉSENT

Pour la 19e année, le Luxembourg est présent au sein du Festival du film d'animation, notamment à travers son Marché (MIFA) où le Premier ministre et ministre des Communications et des Médias Xavier Bettel s’est rendu le 12 juin pour rendre visite au stand du Film Fund qui accueille 15 sociétés luxembourgeoises d’animation (production, studios et prestataires de services).

© Film Fund Luxembourg/K. Pauli

Lors des traditionnelles rencontres “speed dating”, les étudiants du Lycée luxembourgeois du BTS Animation ont eu la possibilité de présenter aux professionnels de l’animation leurs talents et savoir-faire en vue d’un éventuel stage en entreprise ou d’un recrutement. Cet événement a particulièrement attiré l’attention du ministre qui s’est mêlé volontiers aux jeunes animateurs pour se rendre compte de la valeur artistique de leurs travaux.

Cinq coproductions luxembourgeoises ont été sélectionnées à Annecy: Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec (Melusine Productions), Zero Impunity de Nicolas Blies, Stéphane Hueber-Blies et Denis Lambert (a_BAHN/Melusine Productions), Fox and Hare de Tom Van Gestel et Mascha Haiberstad (Doghouse Films), Ayahuasca (Kosmik Journey) de Jan Kounen (a_BAHN) et Le Voyage de Prince de Jean-François Laguionie et Xavier Picard (Melusine Productions).

Le palmarès de la compétition du festival sera connu ce samedi 15 juin en soirée.

 

 Le Premier ministre et ministre des Communications et des Médias Xavier Bettel s’est rendu le 12 juin à Annecy pour visiter le Marché International du Film d’Animation (MIFA). Cet évènement est le rendez-vous annuel incontournable pour tous les professionnels du secteur mondial de l’animation avec plus de 12.000 accrédités issus de 88 pays.

Le Film Fund Luxembourg y est présent pour la 19e fois avec un stand de promotion qui accueille 15 sociétés luxembourgeoises d’animation (production, studios et prestataires de services).

Le Premier ministre a eu l’occasion de s’entretenir avec Dominique Puthod, maire-adjoint d’Annecy et Président du CITIA (organisateur du marché et du festival.), Mickael Marin, directeur du Festival et Véronique Encrenaz, responsable du MIFA. Lors de la visite du marché du film, le ministre s’est attardé à quelques stands internationaux et à l’espace XR@Annecy.

Pendant son déplacement, le ministre a rencontré les professionnels de l’animation, les représentants de la FMAIV (Fédération luxembourgeoise des Métiers de l’Animation et de l’Image Virtuelle) et les étudiants du BTS Dessin d’animation du Lycée des Arts et Métiers de Luxembourg (LAM).

Lors des traditionnelles rencontres “speed dating”, les étudiants du Lycée luxembourgeois ont eu la possibilité de présenter aux professionnels de l’animation leurs talents et savoir-faire en vue d’un éventuel stage en entreprise ou d’un recrutement. Cet événement a particulièrement attiré l’attention du ministre qui s’est mêlé volontiers aux jeunes animateurs pour se rendre compte de la valeur artistique de leurs travaux.

Par ailleurs, le Fonds a organisé sur son stand une rencontre de coproduction francophone avec ses partenaires de Wallonie Bruxelles Images (Belgique) et de la SODEC – Société de développement des entreprises culturelles (Canada).

Pm. 5 coproductions luxembourgeoises ont été retenues à Annecy : Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec (Melusine Productions), Zero Impunity de Nicolas Blies, Stéphane Hueber-Blies et Denis Lambert (a_BAHN/Melusine Productions), Fox and Hare de Tom Van Gestel et Mascha Haiberstad (Doghouse Films), Ayahuasca (Kosmik Journey) de Jan Kounen (a_BAHN) et Le Voyage de Prince de Jean-François Laguionie et Xavier Picard (Melusine Productions).
Le palmarès de la competition du festival sera connu ce samedi 15 juin en soirée.