Grosses fortunes, propriétés en front de mer et verres à vin surdimensionnés avec en arrière-plan maltraitances conjugales, adultères et soupçons de meurtre: à première vue, la mini-série "Big Little Lies" semblait n'être qu'un soap-opera de plus.

Mais le prestigieux casting concocté par la chaîne HBO lui a offert un tremplin tel que le succès a été au rendez-vous et qu'une seconde saison a finalement vu le jour. La diffusion du premier épisode est prévue dimanche.

Avec une pointure du cinéma --Meryl Streep-- qui rejoint le quintette d'héroïnes de la première saison Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Laura Dern, Shailene Woodley et Zoë Kravitz.

L'actrice américaine Meryl Streep à la première de la saison 2 de "Big little lies", le 29 mai 2019 à New York / © AFP/Archives

L'actrice aux trois Oscars incarne la mère de Perry Wright (Alexander Skarsgard), qui enquête sur le décès de son fils lors d'une chute dans un escalier à la fin de la première saison.

Ce drame devait être l'apothéose finale de cette mini-série en sept épisodes réalisée par le Canadien Jean-Marc Vallée mais HBO a décidé de faire une suite, confiée au même scénariste David E. Kelley mais avec la Britannique Andrea Arnold derrière la caméra.

POUVOIR DES GENS

"La réaction dans le monde entier a été tellement extrême", a récemment confié Shailene Woodley à la presse, soulignant que les créateurs de la série avaient dans un premier temps refusé toute idée de suite. "C'est le pouvoir des gens qui a fait revenir Big Little Lies".

L'actrice Shailene Woodley à la première de la saison 2 de "Big little lies", le 29 mai 2019 à New York / © AFP/Archives

Cette adaptation d'un roman de l'auteure australienne Liane Moriarty aborde les thèmes de la maltraitance domestique et du viol, du poids des mensonges, des difficultés croissantes dans un mariage et l'éducation des enfants ainsi que de l'amitié féminine.

"Nous avions tellement envie de jouer de vrais personnages", a expliqué Zoë Kravitz au magazine InStyle. "Il ne s'agit pas de ce dont nous avons l'air, il s'agit de ce que nous ressentons."

Dans ces nouveaux épisodes, les cinq amies essaient chacune à leur manière de gérer les événements de la fatidique soirée tout en tentant de protéger les mensonges qui les lient.

Les ingrédients délectables de la première saison perdurent: les flashbacks, les répliques saillantes --en particulier de Madeline (Reese Witherspoon)-- et les personnages regardant pensivement les vagues se briser tout en dégustant un verre de Chardonnay.

L'actrice Reese Witherspoon à la première de la saison 2 de "Big little lies", le 29 mai 2019 à New York / © AFP/Archives

Tout comme l'exploration des pressions sociales, domestiques et professionnelles auxquelles sont soumises les femmes ainsi que les frustrations et les souffrances, souvent étouffées derrière une apparence de perfection.

"L'objectif est de créer du contenu (...) qui explore la psychologie féminine comme nous ne l'avons jamais vu auparavant", a précisé Shailene Woodley, qui incarne une mère célibataire ayant été victime de viol. "Nous nous concentrons sur les choses qui ne vont pas de façon à créer une sorte de guérison".

Le succès de la série illustre également la tendance croissante de voir des actrices dans des rôles de premier plan bien que n'étant plus dans leur prime jeunesse, et dont se détourne parfois Hollywood.

40 ANS PASSÉS

D'autres productions récentes sont centrées autour de comédiennes ayant atteint au moins la quarantaine, comme "Dead to Me" avec Christina Applegate et Linda Cardellini ou, en lice aux derniers Oscars, "La Favorite" avec Olivia Colman et Rachel Weisz aux côtés d'Emma Stone.

L'actrice Nicole Kidman à la première de la saison 2 de "Big little lies", le 29 mai 2019 à New York / © AFP/Archives

Selon une étude en 2016 des économistes Robert Fleck et Andrew Hanssen, après quarante ans, les hommes occupent 80% des rôles principaux. Et les femmes étaient davantage en tête d'affiche avant de fêter leurs trente ans, ayant des carrières commencées plus tôt mais étant aussi plus courtes.

Pour Caroline Heldman, universitaire féministe et directrice exécutive de l'organisation The Representation Project, l'essor du streaming a placé davantage de femmes à des postes décisionnaires.

Et depuis l'émergence du mouvement anti-harcèlement #TimesUp, les maisons de production et studios de cinéma recrutent de plus en plus de femmes "pour prouver qu'ils prennent le problème du sexisme dans l'industrie plus au sérieux", a-t-elle expliqué à l'AFP, estimant néanmoins qu'il manquait un mécanisme de supervision permettant d'assurer un changement systémique.

Les stars Reese Witherspoon, devenue fer de lance de la production cinématographique féministe avec sa société Hello Sunshine, et Nicole Kidman sont productrices exécutives de "Big Little Lies".

Interrogée sur l'impact de la série sur elle, la vedette de "La Revanche d'une Blonde" a déclaré à InStyle qu'elle était "à coup sûr encore plus déterminée à travailler avec des scénaristes féminines et des réalisatrices et des femmes n'ayant pas eu les opportunités qu'elles méritaient".