La traditionnelle soirée des courts-métrages luxembourgeois a été émaillée par des incidents techniques. Mais certains films tirent leur épingle du jeu.

C'est un rendez-vous pour le microcosme du cinéma luxembourgeois. Un de ces moments où la "grande famille" du cinéma se congratule abondamment tout en priant pour que le film soit à la hauteur des attentes. C'est une de ces soirées
où la litanie des remerciements est plus longue que les films eux-mêmes.

La soirée des courts-métrages luxembourgeois attire toujours beaucoup de monde (la salle 1 du Kinepolis était pleine), parce que les réalisateurs, généralement novices, invitent famille et amis (qui figurent au générique) et toute la liste des techniciens se doit de venir soutenir le film.

Cette année, le Luxembourg Film Festival n'a pas fait les choses à moitié et a choisi 12 courts-métrages, dans cet élan typiquement luxembourgeois du "tout le monde a gagné" qui voudrait faire croire que si les films reçoivent le même budget, ils auront la même qualité.

12 films, plus présentations, plus pause pipi-cigarette-crémant, on nous annonçait une soirée de 270 minutes (ça fait moins peur que 4 h 30). C'était sans compter un "incident technique" qui a nécessité de redémarrer le serveur numérique de la salle.

Les organisateurs ont fait ce qu'ils pouvaient. Patrick Blocman s'est découvert des talents de stand-up, les réalisateurs ont joué le jeu, les excuses du festival ont abondées.

Du côté de Kinepolis, en revanche, pas un mot, pas une explication du moins envers le public. À l'ère du tout numérique, où les projectionnistes n'ont plus que le pouvoir de pousser sur le bouton, cela paraît assez incroyable que les films n'aient pas été testés, ce dont témoignaient les différences qualité de son entre les films.

ET LES FILMS?

Le marathon s'est transformé en sacerdoce et une bonne heure a donc été ajoutée au programme que seuls les plus motivés (obligés?) ont suivi jusqu'au bout, c'est-à-dire peu avant minuit.

On retiendra quelques belles voire très belles choses, à commencer par The Bitter with the Sweet, émouvant documentaire d'Ann-Sophie Linström, histoire d'un amour vieillissant dans un contexte insensé des cow boy urbain de Philadelphie.

L'autre perle de la soirée a été le film de fin d'étude d'Eileen Byrne, Touch Me, sur une jeune femme qui lutte contre un cancer du sein et pour maintenir une relation de couple. Pas étonnant que le film ait retenu l'attention dans la sélection des Oscars de films d'étudiants.

© Paul Thiltges Distribution

Histoire d'amour l'est aussi l'énigmatique Article 19-42 de Julien Becker qui se situe dans une anticipation réaliste et assez inquiétante.

VIDEO: Julien Becker
Le réalisateur présente sont film Article 19-42.

À propos de titres énigmatiques, Karolina Markiewicz nous explique le sien. Here be Dragon qu'elle a réalisé avec Pascal Piron, est une sorte de fable symbolique sur l'argent et la vanité.

VIDEO: Karolina Markiewicz
La réalisatrice présente sono film Here be Dragons.

Un brin naïf, Portraitiste de Cyrus Neshvad affiche ses bons sentiments, mais aussi un générosité dans l'image et la place des acteurs.

C'est l'humour que l'on retient de The Family who hid in the Cellar que Ayshea Halliwell situe dans un Luxembourg de pacotille où tout est exagération.

© Red Lion

Chaque année, le film issu du concours Crème fraîche est intéressant et la toute jeune Lara Marck réussit avec Luxvanity un petit film aussi simple qu'efficace sur le multilinguisme du Luxembourg.

VIDEO: Laura Mack
La réalisatrice présente son film Luxvanity.