Victime du coronavirus et décrié pour son empreinte carbone, le secteur aéronautique doit se réinventer avec des avions plus propres.

"Un trou d'air phénoménal": la paralysie brutale du transport aérien, due à la pandémie de Covid-19, a ébranlé toute l'industrie aéronautique. Foudroyé par la pandémie, Boeing supprime 16.000 emplois, 10% des effectifs. Airbus prépare aussi un plan de restructuration qui comprendra des suppressions d'emplois. Rien qu'en France, le secteur aéronautique chiffre à plus d'un milliard d'euros ses besoins pour surmonter la crise.

L'AÉRONAUTIQUE DOIT RÉDUIRE SES ÉMISSIONS

Ajoutez à cela les appels au boycott de l'avion par les défenseurs de l'environnement qui se multiplient. Bref, l'aéronautique traverse une zone de turbulences. Si le secteur veut surmonter ces crises, il doit entièrement se réinventer, avec des avions plus respectueux de l'environnement.

Airbus travaille depuis 2017, en secret, sur un projet d'aile volante. Un prototype qui a réalisé son tout premier vol en juin 2019. Le constructeur européen a choisi le salon aéronautique de Singapour pour lever le voile sur ce projet.

Son nom de code: MAVERIC, pour Model Aircraft for Validation and Experimentation of Robust Innovative Controls. Pour l'instant ce n'est qu'une maquette de grande taille (2 mètres de long et 3,2 mètres de large). Un drôle d’engin qui préfigure ce qui sera, si les tests sont concluants et le projet validé, un possible successeur de l’A320neo.

La conception révolutionnaire du «corps d'aile mixte» pourrait générer jusqu'à 20% d'économie de carburant et améliorer considérablement l'expérience des passagers grâce à son aménagement de cabine exceptionnellement spacieux. Plus de problème pour étendre ses jambes, et de plus grandes allées pour plus de confort personnel.

© Airbus

De plus, le bruit devrait être considérablement réduit grâce à un moteur «blindé» monté au-dessus du corps central. Mais un vol commercial dans un tel avion ce n'est pas encore pour tout de suite. Au mieux, d'ici 2030.

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