Redouté, le moustique - tigre fait l'objet de rumeurs quant à sa propension à transmettre le coronavirus.

Le moustique - tigre fait une arrivée tonitruante alors que les températures se font plus élevées. C'est notamment le cas dans la moitié sud de la France, placée en vigilance rouge par le site Vigilance-Moustiques dans sa carte annuelle (mais vraisemblablement moins le cas au Luxembourg). Il n'en fallait pas plus pour relancer la crainte d'une contamination par cet insecte, par ailleurs très redouté. Sur les réseaux sociaux, les fake news à ce sujet se sont multipliées.

Il convient néanmoins de rappeler que le moustique, tigre ou non, ne peut transmettre le coronavirus. Le ministère de la santé l'avait annoncé au tout début de la crise sanitaire, au même titre que l'OMS.

L'explication est simple: alors que la dengue, le chikungunya et Zika se transmettent par le sang (trois virus que le moustique peut bel et bien transmettre à l'être humain), ce n’est pas le cas du Covid-19, qui est un virus respiratoire. "La maladie se transmet par les postillons (éternuements, toux) ou par un contact étroit avec une personne malade" explique l'OMS.

Interrogé par France 3, l’Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID), est allée plus dans les détails afin d'expliquer pourquoi le sang d’une personne infectée ne pouvait pas être une source de contagion. "En cas de piqûre de sang humain infecté, le moustique digérera tranquillement ce virus (…) mais pour que le cycle fonctionne, il faut que le virus ait la faculté de résister à la digestion dans l’estomac du moustique, pour pouvoir ensuite infecter ses cellules, atteindre ses glandes salivaires et s’y répliquer. Ce n’est pas le cas pour le Covid-19."

Enfin, des entomologistes de l’EID expliquent que le moustique est doté d'une cuticule (une couche externe protégeant ses organes) "hydrophobe" (qui n’aime pas l’eau), et "spiracles" (les trous) extrêmement fins permettant sa respiration. Conclusion: "un moustique ne devrait pas "respirer" des gouttelettes, mais des microgouttelettes, pour qu’elles puissent franchir ces ouvertures" et éventuellement contaminer un être humain. Ce cas, improbable, se conjuguerait avec "une bonne dose de… malchance" ironisent les experts.