Les utilisateurs du réseau de bus de Metz ont eu une mauvaise surprise, aujourd'hui, en apprenant la mise en place d'un mouvement de grève. Retard, journée de travail altérée ou train qui part sans eux: voilà qui n'avait pas manqué à bon nombre de voyageurs.

Ah, ça faisait longtemps ! La crise du covid n'a pas encore tout à fait fini de compliquer nos déplacements que d'autres crises refont aussitôt surface. Ce vendredi 1er octobre 2021 m'a rappelé pourquoi j'évite les transports en commun la plupart du temps, en dépit des diverses campagnes en leur faveur. Mes péripéties du jour sont à l'image de celles vécues par beaucoup de monde, écoliers, collégiens, voyageurs, travailleurs ou frontaliers.

Détenteur d'un billet de train au départ de Metz à 10h, j'ai pour habitude de me garer au P+R de Woippy, où un bus du réseau Le Met' passe toutes les 10 minutes, direction la gare.

Mais, arrivé à 9h, c'est la panique sur le quai du P+R. Une jeune femme m'informe qu'un mouvement de grève est annoncé sur les panneaux à LED. "Il n'y a qu'un bus par heure ! Le prochain est dans 30 minutes !" Elle est déboussolée. Tant pis pour son cours d'allemand. Il s'agit d'une grève de niveau 3, correspondant au plus fort niveau de perturbations, avec seulement "25% des services assurés" indique le panneau.

GALÈRE POUR LES COLLÉGIENS, LES FRONTALIERS, LES VOYAGEURS

Prises au dépourvue, la plupart des personnes sont sur leur téléphone, à prévenir de leur retard ou à chercher une solution. Pour les frontaliers, c'est aussi la galère: beaucoup ne seront pas à l'heure au bureau, au Luxembourg.

Quant à moi, qui dois commencer à télétravailler à 13h pour gérer notre site d'informations au Grand-Duché, la situation se tend d'un coup. Selon les horaires de passage de ce bus de substitution, j'aurais seulement deux minutes pour courir à ma sortie du bus jusqu'au quai de la gare et sauter dans mon train.

Evidemment, le bus était plein a craquer. Et mes deux minutes se sont envolées en route, au gré des arrêts qui ont absorbé un flux important de voyageurs en détresse. Ma course en gare de Metz n'a servi à rien: mon train de 10h s'éloignait déjà au loin.

Sur place, les agents SNCF sont au courant de la grève du Met' mais n'ont rien pu pour moi. "Il ne vous reste plus qu'à acheter un billet pour le train suivant" me répondent-ils. Payer un billet est devenu une loterie: en cas de grève, retentez votre chance ! 

Le train suivant part à presque 12h. Le prix du trajet est quasiment quatre fois plus cher que celui que j'avais acheté la veille. Quant à ma journée de travail, elle est fortement perturbée: à 13h, j'étais toujours dans le train alors que j'étais censé être opérationnel. Un bien joli cadeau.

Sur Facebook, le réseau de transports publics de Metz confirme la grève et, plus insolite, annonce le changement de couleur de son logo en rose, pour soutenir "octobre rose", la campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche.

"Nous, on voit rouge!" répondent certains internautes. A chacun sa galère. Une utilisatrice du réseau dit "être enceinte" et a été "obligée de marcher 20 minutes" pour se rendre à son rendez-vous, "sans être sûre de voir le bus passer". "C'est la foire à la saucisse les horaires !" se plaint une autre utilisatrice. "On se fie aux horaires minimum pour aller travailler et elles ne sont pas du tout respectées!".

Conséquence, "des bus blindés! Pour la distanciation physique, on repassera..." argue un autre internaute, furieux. Conséquence pour moi et tant d'autres: un train raté, du stress à gogo, une journée de travail altérée et près de 50 euros perdus.

Contacté par email pour solliciter une demande de remboursement du billet de train supplémentaire que j'ai dû payer, je reste toujours dans l'attente d'une réponse de la part du réseau de bus messin. Pour certains, c'est peine perdue: "En cas de grève, on n'est jamais remboursé!" "C'est toujours nous qui sommes pris en otage!"

A l'heure où chacun doit montrer son pass sanitaire avant d'embarquer dans un transport en commun pour prouver qu'il a été vacciné, cette mésaventure agit comme une nouvelle piqûre: me voilà vacciné une troisième fois, mais contre les transports en commun cette fois. Et ce, pendant un long moment.