Le télétravail, c'est vraiment formidable: on ne loupe plus aucun épisode de notre série favorite. Et le canapé, c'est quand même plus confortable qu'une chaise de bureau.

Qu'il fut doux ce confinement. Pas de déplacement, pas de chef, pas de surveillance permanente... Le pied pour tous les faignants invétérés, ceux-là même qui travaillent plus pour en faire moins!

Pour de nombreux employés modèles renvoyés chez eux durant la crise, l'occasion était trop belle pour ne pas en profiter et refuser plusieurs semaines de "télé/travail". Une heure sur Netflix, vingt minutes devant les mails pros. Répéter l'opération six fois, ajouter une pause repas bien méritée et laisser reposer une journée entière. Pas de doute, la voilà la recette de l'employé moderne! Allez, on n'est pas vache, on vous partage nos astuces.

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Comment faire illusion? Il y a des techniques, dont on peut témoigner de leur efficacité, faignasses que nous sommes. En premier lieu, parler. Beaucoup parler. Au téléphone, par email, par Messenger... Cela permet d'occuper l'espace et de montrer qu'on est "présent" sans l'être. Feindre une organisation sans faille, annoncer des horaires de travail, sans oublier de les "gonfler" car il y a quand même la dernière saison de Dark ou de Westworld à binge-watcher, et ça ne va pas se faire tout seul...

Bien sûr, on privilégie l'ordinateur sur les genoux (mais sans déranger le chat), cela permet de vite basculer sur Zoom ou n'importe quel autre service de téléconférence devenu hyper tendance durant le confinement. Toujours privilégier un fond neutre, un mur blanc, quelques livres (on cache la PlayStation): glander dans un cadre si strict est à peu près aussi impensable que travailler en terrasse, sous le soleil. Ne nous privons donc pas de jouer avec les clichés pour tromper l'ennemi. 

Petite astuce qui ne mange pas de pain: simuler une panne de matériel, un PC qui plante par exemple. Si c'est le vôtre, ça vous permettra de râler sur votre employeur, qui pourrait quand même vous fournir une machine pour travailler. Si c'est celui de votre employeur, ça vous permettra de râler sur le service informatique qui, décidément, n'est pas capable d'entretenir correctement le matériel. Et puis, ça vous fera parler, encore, et ça c'est très important (souvenez-vous, il faut occuper l'espace!).

Quoi? C'est déjà l'heure de reprendre le boulot? Bon d'accord, mais doucement alors ! / © Milada Vigerova / Unsplash

Les patrons ne pouvaient que le pressentir, la vérité dépasse de loin leur imagination, naïfs qu'ils sont! Loin du contrôle managérial, le salarié retrouve vite sa vraie nature. Chez lui, il se décompose. Il ramollit, même. Son professionnalisme envolé, le voilà devenu roi des glandeurs, prince des fainéants, paladin de "Jemelacouledouce".

À défaut de s'offrir quatre pauses "café-clope" par jour, il aura encore la présence d'esprit de se lever toutes les heures pour étirer son corps engourdi par un excès de canapé. C'est qu'il ne faudrait pas qu'il se fasse une "Rio Ferdinand": vous savez, ce joueur de foot anglais qui s'était blessé au tendon après être resté trop longtemps devant la télé, les jambes posées sur la table basse. Manquerait plus qu'il se mette en arrêt de travail!

Chemise-cravate en haut, short et tongs en bas, le regard vide, la mèche mal peignée, notre employé risque tout de même de peiner à faire illusion durant les nombreux appels en visio qui lui seront imposés.

Allez, finies les vacances, il est temps de retourner au bureau pour se montrer à nouveau (en chair et en os) et enchaîner les réunions histoire de brainstormer avec la team. Car parler et occuper l'espace, au bureau aussi, c'est une technique qui fonctionne.