La crise sanitaire pourrait bien rebattre les cartes de notre avenir professionnel.

En un mois de confinement et d'arrêt des activités dites "non-essentielles", de centaines de milliers de personnes - vous, moi, le voisin, votre grand-tante - ont dû réapprendre à vivre, à travailler à distance.... Voire à ne pas travailler du tout.

Aussi regrettable soit-elle, la crise sanitaire a aussi eu des effets bénéfiques sur notre quotidien. Les parents passent plus de temps avec leurs enfants, les bouchons n'existent plus qu'à la caisse du supermarché et nous avons plus de temps libre. Beaucoup plus.

C'est d'ailleurs ce dernier point que de nombreux travailleurs - notamment ceux qui viennent de loin, comme les frontaliers - sauront apprécier à sa juste valeur: chaque nouvelle semaine de confinement, ce sont cinq, dix, voire quinze heures de trajet qui sont gagnées et accordées à d'autres occupations certainement plus plaisantes. Surtout, le confinement a remis en cause la place centrale du travail dans nos vies.

UNE REMISE EN QUESTION AU GOÛT DOUX-AMER

Notre quotidien étant parfois (trop) bien en place, il a fallu attendre la plus grave crise sanitaire depuis un siècle pour remettre en question notre système économique et nos vies professionnelles. Cette réflexion a un goût "doux amer": nous voici partagés entre le confort de ce nouveau temps libre et la dureté de ce qui nous l'a offert.

Pour les 180.000 personnes passées au chômage partiel, le redémarrage de l'activité s'annonce particulièrement abrupt, après plus d'un mois d'inactivité professionnelle.

Pour des milliers d'actifs, le télétravail est devenu la norme des dernières semaines. Une pratique qui pourrait survivre au déconfinement. / © Thought Catalog / Unsplash

Pour eux comme pour les télétravailleurs (et pour ceux qui ont poursuivi leur activité comme ils en avaient l'habitude) se pose aujourd'hui la question du tant espéré "retour à la normale". Aurons-nous envie de revenir à notre routine professionnelle et ses contraintes après avoir goûté au confort du travail à domicile? Au temps enfin passé avec nos proches? À l'absence du regard des autres sur cet écran parfois ouvert sur le drive du supermarché du coin?

Si aucun appel en visio' ne viendra jamais remplacer le lien social que nous créons avec nos collègues, nul doute que nous serons nombreux à vouloir repenser la place d'un poste dans un emploi du temps que l'on aimerait moins rempli... Ou plus orienté vers nos activités favorites.

QUELLE JOURNÉE DE TRAVAIL DEMAIN?

À quoi ressemblera notre quotidien professionnel post-déconfinement? Réclamerons-nous de réduire notre temps de travail hebdomadaire? Un Etat développera-t-il le revenu universel pour offrir à ses citoyens la sécurité financière qui peut leur faire défaut, en temps normal comme en temps de crise?

Le télétravail deviendra-t-il la norme? Et à ce sujet, les pays voisins du Luxembourg accepteront-ils de laisser les frontaliers prester leur activité sur leur territoire sans les taxer, comme ils l'ont si bien fait pendant la crise sanitaire? Ces mêmes frontaliers auront-ils encore envie de se rendre au Grand-Duché chaque jour? Choisirons-nous de ne travailler qu'en heures décalées? Allons-nous radicalement changer d'orientation professionnelle? Ou n'y aura-t-il aucun changement?

Beaucoup de questions et probablement autant de réponses qu'il n'y a d'employés et d'indépendants au Luxembourg. À n'en pas douter, la crise sanitaire - qui n'a pas encore touché à sa fin et dont on peine à évaluer les conséquences - pourrait se révéler être le début d'une petite révolution sociale.