Le confinement pourrait s'étirer jusque fin avril. Il est encore temps d'en tirer profit.

L'ensemble des gouvernements l'ont répété tout au long de ces deux dernières semaines: "Restez chez vous." Une évidence sanitaire aux conséquences psychologiques et sociales encore difficiles à mesurer.

Du jour au lendemain, le confinement a contraint tout le monde à une rupture nette avec un quotidien jusqu'ici plutôt bien organisé. Réveil, petit-déjeuner, transport, travail, courses, loisirs, moments avec les enfants, repas, sommeil. Enfin, à peu près.

Désormais, ceux qui peuvent télétravailler passent leurs journées devant leur ordinateur - et jonglent avec les devoirs des enfants, s'ils en ont - tandis que les autres se retrouvent avec plus de temps libre qu'ils n'en avaient jamais rêvé. C'est d'ailleurs tout le paradoxe de cette drôle de période. Qui n'a jamais souhaité d'avoir des vacances prolongées? Un week-end un peu plus long? Une bonne raison de ne pas quitter son lit? Voilà le souhait exaucé, mais pas de la manière espérée.

Dans un quotidien entièrement tourné vers soi, il est désormais indispensable de trouver comment tromper l'ennui, qui guette. En trouvant des passions dévorantes, comme un bon livre ou du temps en cuisine. En "binge-watchant" cette série mise en attente depuis bien trop longtemps, sans se faire avaler par son canapé. Ou en retrouvant le plaisir de faire un jeu de société ou un puzzle (oui oui, et promis, ça occupera une bonne partie de votre après-midi).

Ces occupations sont d'autant plus importantes que le "blues" s'immisce chez bon nombre de personnes enfermées chez elles, orphelines de ce qui constituait jusqu'ici un quotidien bien rempli.

Sans jamais sous-estimer ou remettre en question la difficulté pour les soignants dans cette lutte contre l'épidémie, sans oublier que le respect des consignes est vital, l'enfermement reste un moment difficile pour bon nombre de confinés. En véritables animaux sociaux, nous voilà contraints par un ennemi invisible de nous terrer chez nous, évitant tout contact avec l'extérieur et attendant des jours meilleurs. Une épreuve inédite et inévitable que certains supporteront très bien... Et que d'autres vont subir.

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Notre vie sociale a pris un sacré coup dans les dents et doit être repensée. Voilà que nous multiplions les coups de fils à nos proches pour remplacer les repas du week-end. Les soirées entre ami(e)s sont désormais limitées aux fameux "apéros-virtuels" et à quelques messages échangés durant la journée. Les repas au restaurant sont déjà un lointain souvenir et les sorties pour s'aérer sont strictement encadrées... Voire complètement interdites en-dehors de courtes balades "à proximité du domicile" ou "sans aucun rassemblement".

Cet enfermement, cette crise, il convient, je pense, d'en tirer profit. Le télétravail - pour ceux qui peuvent le pratiquer - est un premier lien avec l'extérieur et empêche de se sentir complètement inutile alors que l'économie est à l'arrêt. Pour les autres, c'est certainement le moment de sortir de son rythme quotidien. De s'offrir davantage de grasses matinées pourquoi pas. Ou d'enfin apprendre à jouer de cette guitare (ou l'instrument de votre choix) qui prend la poussière depuis des lustres.

Je suis d'ailleurs agréablement surpris de voir ce dont les confinés sont capables quand ils sont #EnsembleÀLaMaison. Les artistes nous offrent des concerts en direct depuis leur salon, les familles se retrouvent enfin, les jeunes inondent TikTok de vidéos toujours plus variées, la pollution se réduit, les opérateurs téléphoniques confirment que nous envoyons davantage de messages à nos proches...

Et si, malgré le chagrin, les pertes, la fatigue des soignants, ce confinement était le déclencheur de quelque chose de positif? Les prochaines semaines seront décisives et nous permettront de savoir si nos sociétés peuvent s'adapter durablement pour faire face à un péril mortel. Quand tout sera terminé, peut-être seront-elles mêmes capables de mettre fin à d'autres dangers, plus discrets et sournois. Le sous-dimensionnement des services de soins, les salaires trop étriqués du personnel médical, les mesures d'urgence à prendre avant la prochaine grande pandémie, la mondialisation et sa production de biens vitaux à l'autre bout du monde...