La crise du coronavirus impacte beaucoup de secteurs, mais n'oublions pas celui des artistes, plaide l'ancienne ministre luxembourgeoise Erna Hennicot-Schoepges.

La prévention vaut de l’or dit-on. En ces temps d’inquiétude c’est bien vrai, mais à double sens. Le gain le plus évident, c’est d’empêcher la maladie de se propager. Le souci de protéger tout le monde nous mène hélas à des décisions intempestives: fermeture des frontières à la Trump, mise en quarantaine de toute la population à l’italienne, et j’en passe. Toujours est-il qu’en Chine on semble avoir maîtrisé la propagation par des mesures drastiques.
La frénésie des masques a gagné la planète: plus moyen d’en trouver, et encore… car le masque n’assure pas une protection tous azimuts, alors que le virus se propage par les mains et affiche une longévité remarquable sur les poignées de porte, les supports en aluminium et les vêtements.

LA PRÉVENTION EST NÉCESSAIRE

Alors toute critique à l’égard des mesures prises est injustifiée, car mieux vaut prévenir que guérir. C’est aussi la prévention pour les institutions de soins, car en cas de pandémie, aucun de nos systèmes ne saurait assumer le soin d’un grand nombre d’infectés. Donc, discipline et compréhension pour les mesures prises deviennent des obligations citoyennes.

Déjà des mesures sont annoncées pour prévenir une crise financière. L’économie en pâtit, le manque à gagner est évident, enfin, à l’exception des pourvoyeurs en produits tels que masques, gels désinfectant, vêtements de protection, etc. Pour eux, la prévention est aussi un gain, au sens littéral du terme. Certaines usines de ces produits ont relancé leur production et sont les seuls à afficher une croissance.

ET LES ARTISTES DANS TOUT ÇA?

Pendant ce temps, aucune mention du manque à gagner pour des milliers d’artistes qui voient tout simplement leurs spectacles annulés.

Aucune mention de compensations pour rémunérer des mois de travail et de préparations. L’opinion publique ne se soucie que peu de ces conséquences, les manifestations ne concernent qu’un public d’habitués, qui eux devront occuper leurs soirées à consommer l’existant sur le web ou la télé en attendant que la crise passe et que les prochaines saisons de concerts ou de théâtre reprendront les programmes annulés.

D'autant que la crise financière risque de toucher surtout les intermittents, c’est à dire les artistes qui ne sont pas rémunérés mensuellement par leurs institutions! Avant de sombrer dans l’oubli au milieu d’une crise générale, il faut rappeler leur situation, en hommage à un travail fourni, mais non produit.