Épinglées par le rapport Pisa, les écoles luxembourgeoises ne méritent pourtant pas d'aussi mauvaises notes, s'insurge l'ancienne ministre luxembourgeoise Erna Hennicot Schoepges.

L'apprentissage des langues à l'ère du tout-informatique est certainement un beau casse-tête. Pour autant, nos écoles et leurs occupants de 130 nationalités différentes ne méritent certainement pas ce déclassement à l'échelle du test "Pisa" opéré sur les connaissances linguistiques des élèves. Peut-on mettre à la même jauge des jeunes qui n'apprennent qu'une seule langue, voire deux, avec ceux sont confrontés à un multilinguisme unique dans le monde scolaire?

S'il y a eu réflexion sur l'utilité de participer à ce test, les mauvais scores étant connus d'avance, les conclusions après les résultats ne font qu'augmenter le ras-le-bol des enseignants.....car c'est eux qu'on dit responsables du pis-aller! Et d'épingler le peu d'élèves par classe en comparaison avec d'autres pays, le budget exorbitant dit-on, l'éducation et les conditions de travail excessivement favorables de la profession enseignante dit-on également... il y de quoi s'offusquer de ces remarques injustifiées.

Un vrai débat sur la question de l'apprentissage des langues, maternelles et étrangères et notre multilinguisme (qui nous occasionnerais moins de malades d'Alzheimer qu'il n'y en a ailleurs, selon une étude scientifique) semble de mise.

UNE LANGUE S'APPREND D'ABORD À LA MAISON

La langue maternelle s'apprend dès le plus jeune âge, et le vocabulaire dont dispose l'enfant provient de la langue parlée à la maison! Ce qui doit être un beau casse-tête pour le personnel des crèches, d'ailleurs.

Le petit cerveau est déjà capable de mémoriser une grande quantité de mots- pourvu qu'il les entende- donc pourvu qu'on lui parle! Et c'est là que le bât blesse. Des études sur les capacités langagières précoces prouvent que bien des déficits s'accumulent à force de ne plus parler aux petits enfants. Quand la langue maternelle (pourquoi pas paternelle, voire les deux?) est déficiente, la scolarité qui se construit sur de pauvres bases ne pourra rattraper un retard évident.

LES LIMITES DE L'INFORMATIQUE

N'oublions pas non plus l'organe qui tout au long de l'apprentissage distingue l'Homo Sapiens de ses prédécesseurs biologiques d'il y a des millions d'années: les oreilles. Elles sont capables de distinguer la voix de la mère, même avant la naissance. Les langues s'apprennent à force de parler et d'écouter! Ensuite seulement viennent la grammaire, la traduction et les vocables, et puis la littérature.

Avant de savoir lire, on sait écouter, sans même l'avoir appris! Quel organe merveilleux que l'oreille, qui perçoit bien des nuances et qui transmet à la mémoire les mots, les phrases. Le chant, par exemple, combine paroles et sons à merveille, de façon ludique. Malheureusement, cet apprentissage par le jeu a été supplanté par les vidéos, et toutes ses variantes informatiques. L'oreille reste l'instrument d'apprentissage par excellence, surtout s'il est stimulé par les techniques culturelles et surtout le dialogue. Hélas, à notre époque, la discussion et le débat familial sont parfois les grands absents de la vie des enfants...