La politique a décrété que la voiture électrique représentait l'avenir. Mais on oublie vite à quoi carburent parfois nos batteries, rappelle l'ex-ministre luxembourgeoise Erna Hennicot-Schoepges.

Des manifestations de jeunes et de moins jeunes, les syndicats, les associations et même l'épiscopat ont donné l'alerte: il faut faire bouger la politique dans le bon sens. Il est vrai que l'alerte aux émissions de CO2 et le réchauffement climatique s'est fait ressentir. Les derniers sceptiques vont avoir du mal à contester l'évidence: la consommation d'énergie fossile est une des causes du problème.

Donc, a-t-on décrété en politique, la voiture électrique doit être LA solution, en dehors de la bicyclette, la trottinette et les transports publics gratuits. Or à y regarder de près, c'est une thèse très ambitieuse et nullement prouvée.

La recherche accomplie par le LIST (Luxembourg Institute of Technology) prouve que tel n'est pas le cas, car il faut se poser la question: d'où nous vient l'énergie pour recharger les batteries? Le cas du Luxembourg qui s'approvisionne en électricité principalement en Allemagne est particulièrement éloquent.

NOS BATTERIES CARBURENT AUSSI AU CHARBON

La fermeture des centrales nucléaire allemandes, suite à la pression de manifestations anti-nucléaires, n'a pu conduire à une fermeture des centrales à charbon, qui sont à l'origine d'une grande pollution. Une décision de politique politicienne chez notre voisin, qui amènera l'usage de la voiture électrique à un piètre résultat puisque les batteries carbureront au final au charbon. Pas comme en Suède, qui produit son électricité exclusivement par le nucléaire.

Au lieu de faire avancer la construction de ITER, le réacteur de recherche pour la technologie de la fusion (et l'un des projets les plus ambitieux au monde dans le domaine de l'énergie!), les manifestations antinucléaires ont eu gain de cause et la politique a manqué de courage de s'atteler à une avancée technologique. Mais ce débat date bien de 1998 et est déjà tombé dans l'oubli.

L'industrie automobile est dans le collimateur. Depuis le dieselgate, plus question de truquer, ni de vanter les SUV comme des voitures de familles pour éviter une plus forte imposition, argument avancé par un député allemand au Parlement Européen lors du débat sur le principe du pollueur-payeur. Manque de courage politique, mais aussi manque d'études sérieuses sur ce dossier. Fi donc les annonces faites en marge de manifs, avant d'avoir étudié à fond la recherche du LIST. Petit conseil aux consommateurs indécis entre voitures thermiques ou électriques, l'application en ligne App Climobil les renseignera sur le meilleur choix à faire pour l'acquisition de la voiture la plus "propre".