On a à peine le temps de déballer ses valises et de reprendre le chemin du taf, que l'agenda de nos loisirs culturels explose d'activités. Petit tour d'horizon d'une ouverture de saison bien nourrie et diversifiée.

On a beau pleurnicher parce que le soleil va bientôt foutre le camp et que les vacances ne sont plus qu'un souvenir sur Instagram, chaque retour vers une nouvelle saison pleine d’attractivités artistiques et culturelles donne du baume au cœur et, du coup, la transition vers la normalité, la météo dégressive et le taf se fait de façon plutôt jouissive et nourrissante.

Et il faut avouer que cette rentrée de la saison 2019/2020 ne sera pas des plus tristes. Pour cette première semaine, on peut vous proposer un tunnel culturel sans escale de mercredi à dimanche, en commençant par le premier rendez-vous "danse" au Grand Théâtre. Le chorégraphe autochtone Jean-Guillaume Weis et l'italien Mauro Astolfi proposeront, mercredi 25 et jeudi 26, une soirée hommage à Vivaldi, avec les danseurs du Spellbound Contemorary Ballet et l’Orchestre de Chambre du Luxembourg.

Avant cela, les amateurs de formes contemporaines en profiteront pour faire un saut au Mudam, où ils pourront renouveler leur carte de membre Design Friends, association qui invite au "kick off" (cocktail d’ouverture) d’une saison qui, comme de coutume, donnera la parole à un grand designer international chaque mois lors d’une soirée-conférence.

Le jeudi 26 c’est la place de Strasbourg qui brillera côté gare, grâce à un beau doublon d’artistes qui se nourrissent tous les deux du street art. Le premier Cope 2, est un des plus anciens défenseurs du genre qui enrichit la scène du graffiti new-yorkais depuis la fin des années 70. C’est dans la galerie d’art urbain contemporain de Sumo "Ga1:1ery" qu‘on admirera le travail du vétéran, alors qu’au Bloom Coffee Shop, just en face, on pourra sympathiser avec le bruxellois Monk qui, tout autant graphiste que spécialiste du graffiti, n’hésite pas à pasticher les surréalistes de son pays en les plongeant dans un univers aussi décalé que rigolo, et cela jusqu'à Marrakech où il décore des murs de grands hôtels et tient boutique-galerie dans les souks.

© Rob Larsen

Vendredi, les Rotondes seront "the place to be" avec le vernissage de Black holes ain’t so black, dont une des deux installations, mise en scène par Lisa Kohl, créera un lien particulier entre la buvette et la Rotonde, grâce à la course d’un athlète qu’on pourra observer le verre à la main. Après quoi on partira admirer  le talent de la reine du fado, Ana Moura, à la Philharmonie.

Samedi 29, c’est cette bonne vieille Villa Louvigny, au centre du parc municipal, qui invite, et cela non pas à une action de prévention de son locataire, le ministère de la Santé, mais à un weekend de concerts dans le cadre des Journées du patrimoine, l’ancien auditorium de RTL retrouvant ses fonctions d'antan. Pour la formation contemporaine Lucillin il reste des places, mais le concert de Martin Kohlstedt affiche complet depuis un moment. Ces happenings musicaux sont organisés par l’Atelier, où il ne reste d’ailleurs non plus un seul billet pour la venue d’Ibrahim Maalouf, ou de Vanessa Paradis en octobre.

L'EMBARRAS DU CHOIX

Comme quoi, la demande semble aussi, voire même parfois plus grande que l’offre. Plus loin, on peut se réjouir d’avance de la rentrée du théâtre d’Esch, sous une nouvelle direction avec un programme ambitieux concocté par Carole Lorang, ainsi des surprises réservées par le Théâtre National, le Centaure, le T.O.L, et dans les maisons de Mamer, de Mersch et de Niederanven, j’en passe et des meilleures.

En ajoutant à cela le cinéma avec le festival CinEast, les nouvelles expositions chez Nosbaum-Reding et Erna Hecey, puis de la Art Week au Hall Victor Hugo en novembre... On constate que le temps où le journaliste culturel pouvait se réjouir de couvrir un à deux événements par semaine est bien révolu. Aujourd'hui, il doit faire un choix. Ce qui l’amènera à râler mais fera le bonheur du public. Qu’on puisse désormais piocher dans l’offre démontre que le pas de la province vers la ville culturelle est définitivement franchi. Les plaintes à ce niveau ne sont vraiment plus justifiées. À vous maintenant décider où aller.